‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 76 sur 296 · Kdlt. puis · texte numérisé non relu

Kdlt. puis

40 PANl':(ÎVRIOUK I)K SAINT GORGON.

« les nerfs et les os étaient découverts ; et la peau étant toute déchirée, ce n'était plus ses membres, mais ses plaies que l'on tourmentait: Tv/z/A? couipao'c visccriim, torqitcbantur in servo Dci non jam vicmhra, sed viilnera (^). »

Cependant Gorgon, glorieux de confesser ])ar tant de bouches la vérité, se réjouit avec l'Apôtre de voir qu'il n'y a aucun endroit sur son corps où la Passion de son Maître crucifié ne soit imprimée. Or il était de tous côtés tellement meurtri, et la douleur l'avait réduit à un état si pitoyable, qu'on ne pouvait lui donner un plus grand soulagement que de le laisser ainsi suspendu dans le lieu de son supplice. Quelle extrémité! Et néanmoins on lui refuse cette misérable grâce. Le tyran ordonne qu'on le descende, et ce pauvre corps écorché ('), à qui les plus doux onguents eussent causé des douleurs insupportables, est frotté de sel et de vinaigre. Il reçut (^) ce nouveau supplice comme une nouvelle grâce que Dieu lui faisait pour accomplir en lui, aussi bien qu'en Jésus-Christ, cette prophétie du Psalmiste: Super dolorem vulneritm meorùin addidertcnt (') : « Ils ont ajouté sur la douleur de mes plaies. »

Mais ce n'est pas tout. La cruauté cherche de nouveaux artifices; et si elle ne peut le vaincre par la grandeur des tourments, elle tâche au moins de l'étonner par la nouveauté. Ce sel et ce vinaigre n'ont fait, pour ainsi dire {f), que (^) lui éveiller l'appétit: il lui faut pour la rassasier quelque assaisonnement plus barbare. Je vous demande un moment de patience, pour ne pas laisser notre narration imparfaite (f).

Le tyran fait coucher le saint martyr sur un gril de fer déjà tout rouge par la véhémence de la chaleur, qui aussitôt rétrécit ses nerfs dépouillés avec une douleur que je ne vous pui-s exprimer. Quel horrible spectacle! Gorgon gisait sur un

a. S. Cyprian., Ad niart, etconf. Ep. VIII. — b. Ps.., LXViii, 27.

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