‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 91 sur 296 · Lâchât : quels regrets a (verbe · texte numérisé non relu

Lâchât : quels regrets a (verbe

Serinons de Uossuet. S

66 rOUR LA VEILLE DE LA FÊTE

d'avec son corps pour la transporter dans les splendeur[s] éternelles où elle était attendue.

Sauveur Ji^sus, allumez votre amour en nos cœurs par une semblable impatience ; et puisqu'elle naissait en son âme de cet[ te] union intime que vous aviez avec elle, rassasieznous tellement de vos saints mystères, soyez tellement en nous par la participation de votre chair et de votre sang, que vivant plus en vous qu'en nous-même[s], nous ne respirions autre chose que d'être consommés avec vous dans la gloire que vous nous avez préparée !

Passons maintenant à la seconde partie de cet entretien.

SECOND POINT

Si nous reconnaissions dans la sainte Vierge qu'elle eût été assujettie aux ordres communs, nous croirions peut-être que son corps serait demeuré dans les ombres de la mort. Mais si nous y remarquons,au contraire, une dispense générale de toutes les lois : si nous y voyons une Conception sans péché, un enfantement sans douleur, une chair sans rébellion, une vie sans tache, une mort sans peine ; si son époux n'est que son gardien, son mariage la protection de sa virginité, son Fils le fruit de son intégrité inviolable; si, lorsqu'elle le conçut, le Saint-Esprit tint la place de la nature, et les délices de la virginité celle de la concupiscence ; qui pourra croire qu'il ne lui soit rien arrivé de miraculeux dans sa sépulture ? Joignez à cela que cette altération qui change nos corps leur vient sans doute de la corruption du péché ; que notre chair doit être nécessairement corrompue, afin que laissant à la terre ses vieilles souillures, elle puisse être un jour renouvelée par l'esprit de Jésus-Christ, et que nous devenions ainsi enfants de Dieu au (') corps et en âme, parce que nous sommes enfants de la résurrection \ Filii sunt Dei, cum sint filii resurrectionis ("*). Or qu'y avait-il à purger dans la chair de la sainte Vierge ? C'est d'elle que le Fils de Dieu a emprunté ce corps qu'il a donné pour le paiement de nos dettes; et ne voyant point au monde de source plus pure,

a. Luc.^ XX, 36.

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