Oeuvres oratoires de Bossuet
Ce cinquième volume débute par le Carême royal de Saint-Germain (1666), et s'achève par X oraison funèbre de Henriette d Angleterre, ditcJie s se d Orléans (1670), au moment où Bjssuet va recevoir la consécration épiscopale. Cela seul fait présumer l'importance et la beauté des œuvres qui le composent. On y trouvera une éclatante confirmation de ce que nous avions dit à l'avance, dans l'Introduction du tome IV, sur les progrès que l'expérience devait encore amener dans l'éloquence et surtout dans le style du grand orateur.
Plusieurs discours de cette époque, il est vrai, ne sont qu'esquissés. Il en est ainsi notamment de tout VAvent de Saint- Tliomas dn Louvre (1668), sauf pour le panégyrique du patron de cette église, saint Thomas de Cantorbéry. Mais il y a dans les esquisses de Bossuet des pages immortelles: par exemple, à la même date, dans \ç. panégyrique de saint André. Les sermons du Carême et de VAvent de Saint-Germain (1666 et 1669) sont plus complètement rédigés, et peuvent, avec quelques autres prononcés en dehors des stations suivies, nous donner la mesure de Bossuet dans sa pleine maturité.
Les deuils qui à cette époque survinrent dans la famille royale furent encore pour son génie des occasions solennelles de déployer toute sa magnificence. Il avait prononcé l'oraison funèbre d'Anne d'Autriche, au service du bout de l'an, au commencement de l'année 1667. Elle ne nous a pas été conservée; et il ne reste sur cette reine pieuse et charitable, dont la mémoire était justement chère à l'ami de saint Vincent de Paul, qu'une péroraison introduite dans le sermon d'ouverture du Carême de Saint-Germain. Vinrent celles de Henriette de France (1669) et de Henriette d'Angleterre (1670). La cour ayant exigé l'impression de ces chefs-d'œuvre, ce fut une règle posée pour ceux qui devaient suivre -dans le même genre. En envoyant à un trappiste, quelques années plus tard, ces discours funèbres sur les deux Henriette, leur auteur, qui n'en ignorait nullement la valeur, s'il en dédaignait la gloire, écrira au célèbre abbé de Rancé, qu'on peut les regarder « comme deux têtes de mort assez touchantes ('). »
Ce volume, comme le précédent, contient quatre fac-similé, choisis parmi les plus belles pages des sermons (^).