Var. que c'est l'ouvrage de
6. Une première rédaction effacée contenait ici des idées sur lesquelles
Mais l'efTet le plus nécessaire de la connaissance, dans cet acte de religion, c'est de démêler soigneusement de l'idée que nous nous formons de Dieu toutes les imaginations humaines. Car notre faible entendement ne pouvant porter une idée si haute et si pure ('), attribue toujours, si l'on n'y prend garde, quelque chose du nôtre à ce premier Etre. Quelques-uns plus grossiers lui donnent une forme humaine, mais peu s'empêchent de lui attribuer une manière d'agir conforme à la nôtre. Nous le faisons penser comme nous, nous l'assujettissons (^) à nos règles ; et chacun se le représente à sa façon particulière. Toutes ces idées, dit saint Augustin (''), que chacun se forme de Dieu en particulier, au gré de son imagination et de ses sens,sont autant d'idoles spirituelles que nous érigeons dans nos cœurs ; si bien que nous pouvons dire qu'une grande partie des fidèles {^) sont semblables aux Samaritains que Jésus-Christ reprend dans notre évangile, et desquels il est écrit, au quatrième livre des Rois, « qu'ils craignaient, à la vérité, le Seigneur, mais qu'ils ne laissaient pas toutefois de servir en même temps leurs ('^) idoles : » Timerites quidein Domimcm, sed nihiloininus et ido lis suis servientes (^). Ainsi beaucoup de chrétiens qui sont bien instruits par l'Eglise, mais à qui leur imagination représente mal ce que l'Eglise leur enseigne, adorent le Dieu véritable que la foi leur fait connaître, et néanmoins l'on peut dire qu'ils lui joignent les idoles qu'ils se sont forgées, c'est-à-dire les images grossières et matérielles qu'ils se sont eux-mêmes
a. Qiiœst. ifi Jos.^ lib. VI. — b. IV Reg.^ xvil, 41. — Ms. vervtntamen et idolis suis...
l'auteur s'est réservé de revenir un peu plus loin : « Et c'est pourquoi le Sauveur voulant reprendre dans notre évangile le culte profane et établir le culte véritable, parle ainsi à la Samaritaine : Vous adorez ce que vous ne connaissez pas, et nous adorons ce que nous connaissons. C'est ce qu'il appelle dans la suite adorer en vérité. Il faut donc connaître Celui que nous adorons, et surtout il en faut connaître ce qui est nécessaire pour l'adorer. » — Xofe marginale : Or trois choses principales y sont nécessaires : dont la première, messieurs, c'est que Dieu est une nature incompréhensible.