Var. les
formées (') de cette première essence. On peut juger aisément (") que pour renverser ces idoles et adorer Dieu en vérité, il n'y a rien de plus nécessaire que de bien connaître ce qu'il est ; et c'est pourquoi le Sauveur, reprenant la Samaritaine (^) et instruisant les fidèles, a dit dans notre évangile : « Vous adorez ce que vous ne connaissez pas, et nous adorons ce que nous connaissons {'') ; » par où il nous prépare la voie à cette adoration en vérité que je dois tâcher aujourd'hui de vous faire entendre.
Concluons donc nécessairement qu'il faut connaître celui que nous adorons ; mais surtout il en faut connaître ce qui est nécessaire pour l'adorer, que je réduis, chrétiens, à ces trois vérités principales : que Dieu est une nature parfaite et dès là incompréhensible ('^); que Dieu est une nature souveraine ; que Dieu est une nature bienfaisante. Voilà comme les trois sources et les trois premières notions qui portent (^) l'homme à adorer Dieu : parce que nous sommes portés naturellement à révérer ce qui est parfait (^), et que la raison nous enseigne à dépendre de ce qui est souverain, et que nos besoins nous inclinent (^) à adhérer à ce qui est bon.
Il faut donc connaître avant toutes choses que Dieu est incompréhensible et impénétrable, parce qu'il est parfait (^) ; et c'est par là que nous apprenons à séparer (^) de toutes les idées communes la très simple notion de ce premier Etre. Reddam tibi vota mea, quœ distinxerunt labia mea (^) : « Je
a. Joa7i.^ IV, 22. — b. Ps.^ LXV, 13, 14.
1. Ms. formés (formez). Mais immédiatement avant, on lisait bien : « les idoles qu'ils se sont forgées. > Donc il n'y a pas lieu de conclure ici à une règle des participes différente de celle qu'on suit aujourd'hui.
2. Var. Il est aisé de comprendre. — Il n'y a personne qui ne voie...