Var. et enfin que tu t'engages
3. Édit. la foudre. — Le masculin est une correction de Bossuet.
4. Les éditeurs continuent ici par un intéressant emprunt au brouillon, que l'auteur n'a pas fait entrer dans sa mise au net, et que rien n'autorise à y introduire. Il est vrai qu'à la différence de ce qui précède (sur le f. 133 en commençant par le verso), ce passage n'est point barré au crayon ; mais c'est précisément parce que, n'ayant pas été repris, il ne faisait pas double emploi, et qu'il est conservé comme document, à titre de variante. Le voici intégralement : « Par conséquent, chrétiens, vivons dépendants de Dieu. Nous avons ici l'honneur de parler devant les puissances souveraines : apprenons notre devoir envers Dieu par celui que nous rendons à ses images. Oui de nous ne fait pas sa loi de la volonté du prince } Ne mettons-[nous] pas notre gloire {var. Oui de nous ne met pas sa gloire) à lui obéir, à prévenir même ses commandements, à exposer notre vie {var. sa vie) pour son service.'' Ou'avons-nous de plus précieux que les
si, dans cette faiblesse de notre mortalité, nous y voyons subsister une force si redoutable, combien plus devons-nous trembler devant la souveraine majesté de Dieu (') ! Car la plus grande puissance (') qui soit dans le monde peut-elle, après tout, s'étendre plus loin que d oter la vie à un homme ? Eh ! messieurs, est-ce donc un si grand effort {^) que de faire mourir un mortel, et de hâter de quelques moments une vie qui se précipite d'elle-même ? Si donc (^) nous craignons celui qui, ayant fait mourir le corps, a épuisé son pouvoir et mis à bout sa vengeance par son propre usage ; « combien plus, dit le Sauveur (''), doit-on redouter celui qui peut envoyer et 1 ame et le corps dans une gêne éternelle ! »
Cependant, ô aveuglement ! non seulement nous lui résistons, mais encore nous prenons plaisir ('=) à lui résister. Etrange dépravation, et révolte insupportable contre Dieu ! ses lois qui sont posées pour servir de bornes à nos désirs (^)
a. Matth., X, 28.
occasions de signaler notre obéissance ? Tous ces sentiments sont très justes ; tous ces devoirs, légitimes. Le prince n'a que Dieu au-dessus de soi ; après Dieu, il est le premier ; il a en main sa puissance, il exerce sur nous son autorité. Mais enfin il n'est pas juste que le sujet de Dieu soit mieux obéi que Dieu même, et la seconde Majesté mieux servie et plus révérée que la première. Il est vrai que le prince a le glaive en main pour se faire craindre ; on ne lui résiste pas impunément {var. Il est vrai que quiconque offense le prince ne le fait pas impunément). Il découvre, dit Salomon, les plus secrètes intrigues {var. menées) : « les oiseaux du ciel lui rapportent tout ;> {Ecci., X, 20), et vous diriez qu'il devine, tant il est malaisé de lui rien cacher {var. d'échapper ses yeux) : Divinatio i7i labiis régis, dit le même Salomon {Prov.., xvi, 10). Après, il étend ses bras, et il déterre ses ennemis du fond des abîmes où ils cherchaient contre lui un vain asile : sa présence les déconcerte, son autorité les accable. Que si, dans cette faiblesse... »
Ce fragment est précédé d'un renvoi à la page 6, se rapportant au brouillon. Il S'agissait de décrire la liberté véritable. Le développement se retrouve, p. 14 et 15 de la mise au net. — Le surplus de cette première rédaction, jusqu'à la fin du r"" point, est conforme au texte définitif, sauf quelques variantes de détail, que nous donnerons en note, sous la rubrique : prejnih'e rédaction. Par un caprice bizarre, les anciens éditeurs l'ont préférée à la seconde.