I. Mss.y 11823, f. 36 ; 34-42 ;^24-32. — In-4°, avec marge
le Choix de sermons de Gandar qu'on a pu lire pour la première fois les textes véritables. Quelques accidents, comme on le verra, restaient encore à réparer. D'ailleurs ce langage vraiment apostolique avait besoin, pour retrouver toute sa force, d'être replacé, dans la série complète, au milieu des circonstances qui l'avaient inspiré.
Non potest tnundtts odisse vos, 7ne atitem odit^ quia ego Q) testimonùim perhibeo de illo quod opéra ejus mala sunt.
Le monde ne peut point (-) vous haïr, et il me hait, parce que je rends témoignage de lui que ses œuvres sont mauvaises.
{Joan., VII, 7.)
LES hommes, presque toujours {f) injustes, le sont en ceci principalement que la vérité leur est odieuse. Ce n'est pas qu'ils ne pensent tous avoir de l'amour pour elle ; et en effet, chrétiens, quand la vérité ne fait autre chose que de se montrer elle-même dans ses belles et adorables maximes,un cœur serait bien farouche qui refuserait son affection à sa divine beauté. Mais lorsque ce même éclat qui ravit nos yeux met au jour nos imperfections et nos défauts, et que la vérité, non contente de nous montrer ce qu'elle est, vient à nous manifester ce que nous sommes, alors, comme si elle avait perdu toute sa beauté en nous découvrant notre laideur, nous commençons aussitôt à la haïr, et ce beau miroir nous déplaît à cause qu'il est trop fidèle. Etrange égarement de l'esprit humain, que nous souffrions en nous-mêmes si facilement des maux dont nous ne pouvons supporter la vue, que nous ayons les yeux plus tendres et plus délicats que la conscience, et que, pendant que nous haïssons tellement nos vices que nous ne pouvons les voir, nous nous y plaisions telle-
1. Ce pronom est omis en tête de l'avant-propos ; mais Bossuet l'a ajouté, après coup, en tête du second exorde, écrit d'abord, selon l'habitude. Le texte et la traduction ont, il est vrai, été barrés à cet endroit, mais par les Bénédictins, qui avaient entrepris de fondre ce sermon avec celui de 1661 : Si veritatem dico vobis... (même dimanche).
2. Points qui se lit ici (f. 36) a été supprimé dans la première traduction (f 35); et en effet il est inutile. — Plus loin, et^ qui se lit ici sans variante, avait été remplacé par mais.