‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 135 sur 573 · Var. le premier principe · texte numérisé non relu

Var. le premier principe

Sermons de Bossuet. — V. 10

nous la violions (') en nos cœurs, ni que nous tâchions d'effacer les extraits que Dieu même en a imprimés au fond de nos consciences.

Or, il faut ici remarquer qu'il y a cette différence entre ces deux attentats que, dans l'effort que nous faisons contre Dieu et contre sa vérité considérée en elle-même (^), nous nous perdons nous seuls, et que cette vérité primitive et originale (^) demeure toujours ce qu'elle est, toujours entière et inviolable ('^) ; mais il n'en est pas de la sorte de la vérité qui est inhérente en nous {^), laquelle étant à notre portée et pour ainsi dire sous nos mains, nous pouvons aussi pour notre malheur la corrompre et l'obscurcir, et même l'éteindre tout à fait. Alors qui pourrait penser dans quelles ténèbres et dans quelle horreur nous vivons! Non, le soleil éteint tout à coup ne jetterait pas la nature étonnée dans un état plus horrible qu'est celui d'une âme malheureuse où la vérité est éteinte. Mais, mes frères, il nous faut entendre par quels degrés nous tombons dans cet abîme, et quel est le progrès d'un si grand mal.

La première (^) atteinte que nous donnons à la vérité résidant (^) en nous, c'est que nous ne rentrons point en nousmêmes pour faire réflexion (^) sur la connaissance qu'elle nous inspire (^) ; d'où s'ensuit ce malheur extrême, qu'elle n'éclaire non plus notre esprit que si nous l'ignorions tout à

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