Var. à qui le roi de Judée
3. Ms. qu'on nomme Michée. — Ces mots sont condamnés par une surcharge, ajoutée un peu plus bas : « C'est ainsi que s'appelait ce prophète. »
parce qu'il ne me prédit que des malheurs ('). i> C'était un homme de bien, qui lui représentait naïvement, de la part de Dieu, ses fautes et le mauvais état de ses affaires (^), que ce prince n'avait pas la force de vouloir apprendre ; et il voulait que Michée, c'est ainsi que s'appelait ce prophète, lui contât, avec ses flatteurs, des triomphes imaginaires.
Loin de nous, loin de nous, messieurs, cette honteuse faiblesse. « Il vaut mieux, dit saint Augustin (""j, savoir nos défauts que de pénétrer tous les secrets de la nature et tous ceux des Etats et des empires. » Cette connaissance est si nécessaire que sans elle notre santé est désespérée. Ouvrez donc les yeux, chrétiens, et envisagez vos défauts ; aimez ceux qui vous les découvrent, et croyez avec saint Grégoire € que ceux-là sont véritables amis, par le secours desquels vous pouvez effacer les taches de votre conscience : » Hune solum Tuihi a77iicu7n œstiyno, pe7^ cujus linguajn, ante apparitio7ie7n dishdcti judïcii, rueœ maculas mentis tergo (^). Il importe de bien connaître ses fautes, quand même vous ne voudriez pas encore vous en corriger : car quand vos maux vous plairaient encore, il ne faudrait pas pour cela les rendre incurables; et si le malade ne presse pas sa guérison, du moins ne doit-il pas assurer sa perte (^).
Du moins apprenons [nos défauts de la bouche] des prédicateurs. Car Jésus-Christ n'est-il pas dans cette chaire, et ne rend-il pas encore témoignage au monde que ses œuvres sont mauvaises } A qui (f) ne parle-t-on pas dans cette chaire,
a. De Trinii., IV, i. — b. Epist. lib. II, Epist. Lli. — Ms. Epist, xxxvil. (Ordre ancien. Lisez xxvii.)
I. En marge le texte complet, à titre de document : Remansit vir umis^ per quetn possumus interrogare Domimiîn; sed ego odi eum^ quia non prophetat mihi bonum.sed mahiin^ Michœas^filius Jemla (III Reg., xxii, 8). . 2. Var. lui disait de la part de Dieu, ses fautes et la vérité de ses affaires — la vérité de ses fautes et de ses affaires.
3. Ici se terminait la première rédaction. A la dernière heure, l'orateur complète sa préparation dans les noies qui suivent. Il n'a pas le temps de transcrire deux passages auxquels il se renvoie.
4. Cf. ci-dessus, p. 98. C'est à ce passage d'un sermon qui n'avait pas été prononcé que Bossuet nous reporte en ces termes : « Voy. sermon Ubi sunt duo vel tres...^ p. 22 et 23, jusqu'à : trembler dans la vue de ses périls. » — A cette occasion, faisons réparation sur un point à la mémoire de Deforis. Gandar, qui
sans vouloir parler à personne ? à qui la lumière de l'Évangile ne montre-t-elle pas ses péchés ? La loi de Dieu, chrétiens, que nous vous mettons devant les yeux, n'est-ce pas un miroir fidèle où chacun, et les rois et les sujets..., se peut reconnaître ? Mais personne ne s'applique rien. On est bien aise d'entendre parler contre les vices des hommes, et l'esprit se divertit à écouter reprendre les mauvaises mœurs. Tonnez tant qu'il vous plaira, ô prédicateur : l'on ne s'émeut (') non plus que si l'on n'avait aucune part à cette juste censure. Ce n'est pas ainsi, chrétiens, qu'il faut écouter l'Evangile, mais plutôt il faut pratiquer ce que dit si sagement l'Ecclésiastique : Verbum sapiens quodcumque audieriù scius laudabit, et ad se adjiciet (f) : « L'homme sage qui entend, dit-il quelque parole sensée, la loue et se l'applique à lui-même. » Voyez qu'il ne se contente pas de la trouver belle et de la louer ; il ne fait pas comme plusieurs, qui regardent à droit et à gauche (^) à qui elle est propre, et à qui elle pourrait convenir. Il ne s'amuse pas à deviner la pensée de celui qui parle, et à lui faire dire des choses à quoi il ne songe pas. Il rentre profondément en sa conscience et s'applique tout ce qui se dit : Ad se adjiciet. C'est là tout le fruit des discours sacrés. Pendant que l'évangile parle à tous, chacun se doit parler en particulier, confesser humblement ses fautes, reconnaître la honte de ses actions, trembler dans la vue de ses périls. Et s'il faut des avertissements plus particuliers, voici les jours salutaires où l'Église nous invite à la pénitence. Il n'est rien de plus malheureux que de vouloir être flatté[s] où nous-mêmes nous nous rendons nos accusateurs. Loin de nous (^) une disposition si funeste ! Cherchons-y des
a. Eccli.^xyil, 18. — M s. audierit scius.
l'a défendu ailleurs contre les récriminations excessives de Lâchât, lui reproche ici d'avoir imprimé : «... ne rend-il pas encore témoignage au monde que ses œuvres sont mauvaises, jusqu'à trembler dans la vue de ses périls .^ » « phrase, dit-il, qui n'a aucun sens. > Il est vrai, le bon bénédictin avait d'abord laissé échapper cette lourde faute ; mais il la rétracte dans T^rr^rA? (t. V de l'édition in-4°): il était juste de lui en tenir compte.