Var. il ne verrait rien dans nos mœurs qui ne démentît
2. Note marginale : Attendi et ausciiltavi : nemo quod bojium est loquitiir^ nullîis est qui agat pœnitentiam super peccaio suo, dicens : Qtiidfeci? O^nnes conver si sunt ad cursum suuin, quasi equus iinpetu vadens ad pj'œliujn (Jerem., VIII, 6).
3. Var. nous pénétrassent le cœur et le rappelassent à lui-même.
4. Var. les hommes. — C'est un commencement de correction ; mais Bossuet l'abandonne. Il fait porter en définitive les ratures sur une fin de phrase, qui était ainsi conçue : «... quMl flatte presque tout le inonde. > Il n'y a donc pas lieu de mettre tout le passage au pluriel, avec Gandar.
elle imite tout de l'ami, jusqu'à sa franchise et sa liberté ; elle sait non seulement applaudir, mais encore résister et contredire, pour céder plus agréablement en d'autres rencontres ; et nous voyons tous les jours que pendant que nous triomphons d'être sortis des mains d'un flatteur, un autre nous engage insensiblement, que nous ne croyons plus flatteur, parce qu'il flatte d'une autre manière : tant la séduction est puissante, tant l'appât est délicat et imperceptible.
Donc pour arracher la racine d'un mal si pernicieux, allons, messieurs, au principe. Ne parlons plus des flatteurs qui nous environnent au dehors ; parlons d'un flatteur qui est au dedans, par lequel tous les autres sont autorisés. Toutes nos passions sont des flatteurs, surtout notre amour-propre est un grand flatteur qui ne cesse de nous applaudir, et tant que nous écouterons ce flatteur caché, jamais nous ne manquerons d'écouter les autres : car les flatteurs du dehors, âmes vénales et prostituées, savent bien connaître la force de cette flatterie intérieure. C'est pourquoi ils s'accordent avec elle ; ils agissent de concert et d'intelligence ; ils s'insinuent si adroitement dans ce commerce de nos passions, dans cette complaisance de notre amour-propre, dans cette secrète intrigue de notre cœur, que nous ne pouvons nous tirer de leurs mains ni reconnaître leur tromperie. Que si nous voulons les déconcerter et rompre cette intelligence, voici l'unique remède : un amour généreux de la vérité, un désir de nous connaître nous-mêmes tels que nous sommes, à quelque prix que ce soit. Quelle honte et quelle faiblesse que nous voulions tout connaître, excepté nous-mêmes ; que les autres sachent nos défauts, qu'ils soient la fable du monde, et que nous seuls nous ne les sachions pas ! Nous ne lisons pas sans pitié (') cette réponse d'Achab, roi de Samarie, à qui Josaphat (^) ayant demandé s'il n'y avait point dans sa ville et dans son royaume quelque prophète du Seigneur : « Il y en a un (3), répondit Achab,mais je ne puis le souffrir,
1. Var. Cette réponse d'Achab... fait pitié. — Nous lisons avec pitié cette réponse...