‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 150 sur 573 · Souligné ; non remplacé · texte numérisé non relu

Souligné ; non remplacé

4. Cette louange délicate, d'ailleurs méritée sur ce point important, nous fait pressentir d'utiles leçons. — Dans un premier projet d'avant-propos, esquissé en marge du second exorde, l'orateur avait indiqué ainsi qu'il suit sa pensée, où déjà cet éloge devait trouver place : « AvaJit-propos. Le règne de JÉSUS-Christ, règne de justice et de bonté. L'une et l'autre dans notre prophétie. Orietur (édit. Gazier : Veniet) i?i diebics ejus jiistitia et abicndaiitia pacis (Ps., LXXI, 7). Alisericordia et veritas custodiujit regem, et robomtîir (ms. Jirinaiurj édit Gazier :

firmatus est) clemcfitia throni^s ejus (Prov., XX, 28). Parlons donc aujourd'hui de la justice ; mais une justice tempérée : et parlons-en d'autant plus, qu'en parlant de la justice, nous lui parlerons de ce qu'il aime et de ce qui fait sa plus grande gloire. » (Ave...) — Quand est venu le moment d'écrire un avant-propos définitif, l'auteur s'est empressé de barrer celui-ci, qui, n'étant qu'un simple projet, ne saurait être comparé avec la rédaction soignée que nous lisons dans le texte

SUR LA JUSTICE. l6l

Quand je nomme la justice, je nomme en même temps le lien sacré de la société humaine, le frein nécessaire de la licence, l'équitable (') tempérament de l'autorité et le soutien {^) de la sujétion. Quand la justice règne, la foi se trouve dans les traités, la (^) netteté dans les affaires, l'ordre dans la police : la terre est en repos ('^), et le ciel même pour ainsi dire nous luit agréablement et nous envoie de plus douces influences. La justice est la vertu principale et le commun ornement des personnes publiques et particulières ; elle commande dans les uns, elle obéit dans les autres ; elle renferme chacun dans ses limites ; elle oppose (=) une barrière invincible aux violences et aux entreprises ; et ce n'est pas sans raison que le Sage lui donne la gloire de soutenir les trônes et d'affermir les empires, puisqu'en effet elle affermit {^) non seulement celui des princes sur leurs sujets, mais encore celui de la raison sur les passions, et celui de Dieu sur la raison ' même '.Justitiafirmatursolium (^). Faisons paraître aujourd'hui cette reine des vertus dans cette chaire royale ou plutôt dans cette chaire évangélique et divine où Jésus-Christ, qui est appelé par le prophète Joël «le Docteur de la justice, » en enseigne les maximes à tout le monde : Dédit vobis Doctorem justitiœ (^).

Mais si la justice est la reine des vertus morales, elle ne doit point paraître seule ; et aussi la verrez-vous (^) dans son trône servie et environnée de trois excellentes vertus, que nous pouvons appeler ses principales ministres, la constance, la prudence et la bonté (^). La justice doit être attachée aux règles, autrement elle est inégale dans sa conduite ; elle doit

a. Prov., XVI, 12. — Isls. Jirmabitur. — b.Joel, ir, 23.

1. Attciennes édit. l'unique fondement du repos. — Quatre mots soulignés, c'est-à-dire effacés.

2. Anciennes édit. le sonùtn fav or abie . — Épithète supprimée.

3. Anciennes édit. la sûreté dans le commerce. — Autre suppression, dont on n'a pas tenu compte, avant l'édition Gazier.

4. Mot souligné. Il était trop fréquemment répété. L'auteur y a remédié par un des retranchements qui précèdent {voy. n. i).

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