‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 163 sur 573 · Var. plus étendues · texte numérisé non relu

Var. plus étendues

la justice. Car il est vrai que c'est la trahir que de travailler faiblement pour elle, et l'expérience nous fait assez voir qu'une résistance molle (') ne fait qu'affermir le vice et le rendre plus audacieux. Les méchants n'ignorent pas que leurs entreprises hardies leur attirent nécessairement quelque embarras : mais après qu'ils ont essuyé une ('') légère tempête que la clameur publique a fait élever contre eux, ils pensent avoir payé tout ce qu'ils doivent à la justice ; ils défient après cela le ciel et la terre, et ne profitent de cette disgrâce que pour mieux prendre dorénavant leurs précautions. Ainsi il faut résister à l'iniquité avec une force invincible ; et nous pouvons bien le publier devant un roi si juste et si ferme, que c'est dans cette vigueur à maintenir la justice que réside la grandeur et la majesté. J'ai remarqué deux éloges que l'Ecriture donne au roi Salomon. Au commencement de son règne elle dit ces mots : « Salomon s'assit dans le trône du Seigneur en la place de David son père {'^) : — remarquons ici en passant, messieurs, que le trône royal appartient à Dieu, et que les rois ne le remplissent qu'en son nom : c'est (^) une chose bien magnifique pour les rois et qui nous oblige à les révérer avec une espèce de religion, mais par laquelle aussi Dieu les avertit d'exercer saintement et divinement une autorité divine et sacrée : — mais revenons à Salomon. « Il s'assit (^), dit l'Ecriture, dans le trône du Seigneur en la place de David son père, et il plut à tous ('^) : » c'est la première peinture que nous fait le Saint-Esprit de ce grand prince. Mais après qu'il eut commencé de gouverner ses

a. I Para/i'p., XXIX, 23. — III 7?^^., III, 28.

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