Souligné, mais non remplacé
5. Édit. qu'a jamais vu le ciel et la terre..? — 07it est une correction, qui n'a pas été aperçue.
6. Édit. plus. — Davantage... que, fréquent au xvii^ siècle, n'a pas trouvé grâce, en cet endroit, devant la grammaire étroite du siècle suivant.
puisque tout se fait ici pour notre salut, et que nous avons tant de part en toutes manières à la mort de cet innocent, pénétrons encore plus loin ; et nous trouverons, messieurs, dans ses persécutions notre crime, dans son obéissance notre exemple, dans le pardon qu'il accorde notre grâce et notre espérance.
PREMIER POINT
Il est aisé ('), chrétiens, de rencontrer notre crime dans les injustes persécutions du Sauveur des âmes. Car comme la foi nous apprend qu'il a été livré pour nos péchés (''), nous pouvons comprendre sans peine, dit le dévot saint Bernard (^), que nous sommes les auteurs de son supplice, plus que Judas qui le trahit, plus que les Juifs qui l'accusent, plus que Pilate qui le condamne, plus que les soldats qui le crucifient. Mais c'est d'une autre manière que je prétends considérer notre crime dans la Passion du Sauveur. Je veux vous y faire voir les diverses dispositions de ceux qui ont concouru à persécuter l'innocent, et dans ces dispositions [les] inclinations et les mœurs des hommes, afin que chacun puisse reconnaître la malignité qu'il porte en son cœur. Pour cela, il faut remonter jusques au principe, et remarquer, chrétiens, que c'a été un conseil de Dieu que Jésus-Christ, qui devait mourir pour le péché, mourût aussi par le péché même. Je veux dire qu'étant la victime et la commune propitiation de tous les crimes du monde (''), il est aussi arrivé que presque tous les crimes ont part à sa mort et à son supplice. C'est pourquoi nous y voyons concourir l'envie, la cruauté, la dérision, les blasphèmes, les artifices, les faux témoignages, l'injustice et la perfidie ; enfin il a éprouvé tout ce qu'il y a de plus furieux, de plus injuste et de plus malin dans le cœur de l'homme.
Que si vous me demandez quelle a été la cause de ce conseil, et pourquoi tant de crimes ont concouru au supplice du Sauveur des âmes, je vous dirai, chrétiens, que c'est que
a, Rom.^ IV, 25. — b. Sertn. Fer. secund. Pasch. (Append.), n. 13. — c. I Joan.^ II, 2.
I. Tout ce qui précède les mots : « c'a été un conseil de Dieu.. » (troisième phrase) est une addition marginale.
le Fils de Dieu nous est proposé comme celui qui non seulement doit expier les péchés et la malice du monde, mais encore la faire haïr.
Il y a dans la créature un fonds de mah'gnité infinie qui fait dire à l'apôtre saint Jean, non seulement que le monde est malin, mais encore qu'il n'est autre chose que malignité : Mimdus totîis m maligno posittis est {^). [Elle s'est] produite (') contre Jésus-Christ pour deux raisons. Premièrement, il est venu combattre la malignité du monde : il a été nécessaire qu'il la fît déclarer tout entière, afin de faire éclater l'opposition éternelle de lui et du monde (^) : c'est pourquoi elle a, pour ainsi dire, marché contre lui comme en bataille rangée, et déployé contre Jésus-Christ tout ce qu'elle a de malices (^). Secondement [il est venu] expier [les péchés] :... nous donner les moyens de les connaître, et les motifs de les haïr.
Rien (f) ne nous peut faire haïr davantage la malignité du monde, que de lui voir répandre contre le Sauveur tout ce qu'elle a de venin. C'est pour cela que tout ce qu'il y a de plus secret, tout ce qu'il y a de profondeur dans la malice des hommes a paru au jour ; il a fallu que cette malignité se déployât, pour ainsi dire, toute contre lui, afin qu'elle nous parût d'autant plus digne d'exécration, qu'elle est plus avant mêlée dans le plus noir attentat que le soleil (f) ait jamais vu. Ainsi la manière la plus utile de considérer les persécutions qu'on fait au Sauveur des âmes, c'est de peser attentivement de quoi le cœur de l'homme a été capable ; afin qu'autant de fois que nous connaîtrons en nous-mêmes quelque
a. \ Joa?i.^ V, 19.
1. Addition marginale, avec renvoi. La rédaction n'est qu'esquissée. Elle se complète par un fragment emprunté à la page précédente, et chiffré 5.