Var. est
5. Citation inexacte. Deforis renvoie à l'Apocalypse (vu, 2) ; mais il s'agit des anges : Quitus datum est nocere... (Cf. ibid,^ xxii, 11.)
TROISIÈME POINT
Vous avez vu ('), chrétiens, toute la malignité de la créature déclarée ouvertement contre lui; vous avez vu le Juste accablé par ses amis, par ses ennemis; par ceux qui étant en autorité devaient leur protection à son innocence ; par la faiblesse des uns, par la cruelle fermeté des autres : il n'oppose rien à tous ces outrages qu'un pardon universel qu'il accorde à tous et qu'il demande pour tous à son Père : « O Père, dit-il, pardonnez-leur; car ils ne savent ce qu'ils font :» Pater, diinitte illis : 7ion eniin sciunt qtcid facinnt {''). Vous voyez que non content de leur pardonner, sa divine bonté les excuse : il plaint leur ignorance plus qu'il ne blâme leur malice ; et ne pouvant excuser la malice même, il offre pour l'expier la mort qu'ils lui font souffrir, et les rachète du sang qu'ils répandent : Ipso redempti sanguine quem fuderu7it (^).
A la vue d'un tel excès de miséricorde, aurons-nous l'âme (^) assez dure pour ne vouloir pas aujourd'hui et excuser tout ce qu'on nous a fait souffrir par la faiblesse, et pardonner (3) tout ce qu'on nous a fait souffrir par la malice (^) ? Chrétiens, ceux qui nous haïssent et nous persécutent (^) ne savent en vérité ce qu'ils font. Ils se font plus de mal qu'à nous : leur injustice nous blesse, mais elle les tue ; ils se percent eux-mêmes le sein pour nous effleurer la peau. Ainsi nos ennemis sont des furieux qui ne savent ce qu'ils font ; qui voulant nous faire boire, pour ainsi dire, tout le venin de leur haine, en font eux-mêmes un essai funeste, et avalent les premiers le poison qu'ils nous préparent. Que si ceux qui
a. Luc, XXIII, 34. — b. S. Aug., In Joan. Tract, xcil, n. i.
1. Par un retour exceptionnel aux habitudes de sa première jeunesse, Bossuet ne met aucune séparation entre le second et le troisième point. Il ne fait pas même d'alinéa, tant est grande la précipitation avec laquelle il compose.