‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 203 sur 573 · Addition inachevée : la trahison de Judas, ou · texte numérisé non relu

Addition inachevée : la trahison de Judas, ou

4. E dit. 0\ih\\tz donc. — Ce rt'^w^ est bien au manuscrit, et cependant il ne faut pas hésiter à le retrancher. Il était antérieur à la phrase qu'on vient de lire, qui est une addition marginale. C'est là que l'auteur a placé donc^ qu'il voulait d'abord mettre ici. On ne saurait dire, croyons-nous, qu'il a voulu le répéter ; en cette hypothèse, il devrait être ici encore en tête de la phrase.

de Jésus-Christ ? et peut-on imaginer quelque chose qu'il soit ni plus utile de bien recevoir, ni plus dangereux de profaner, que son mystère adorable ?

Songez-vous à corriger votre vie, à restituer le bien mal acquis, à réparer les injustices que vous avez faites ? Je ne puis pas vous en faire ici le dénombrement : songez seulement à celles du jeu si fréquentes, si peu méditées, si peu réparées. Je tremble pour vous quand je considère les avantages frauduleux que vous prenez et que vous donnez, les ruines qui s'en ensuivent ('), et le repos malheureux que je vois sur ce sujet dans les consciences. Il semble qu'on se persuade que tout est jeu dans le jeu ; mais il n'en est pas de la sorte. Les injustices ne sont pas moins grandes, ni les restitutions moins obligatoires ; sans que j'y puisse remarquer d'autres différences sinon qu'on y pense moins, et que les fraudes et voleries sont plus ordinaires et plus manifestes. Pensez-y donc, chrétiens : si ce n'est qu'avec vos richesses vous vouliez encore jouer votre âme, ou plutôt non tant la jouer que la perdre très assurément, d'une manière plus hardie que vous ne faites vos biens. Le grand saint Ambroise s'étonne de la hardiesse des grands joueurs, « qui changent (-), dit ce grand homme (''), à tous moments de fortune ; tantôt riches, tantôt ruinés, selon qu'il plaît au hasard {^). » Ne vous étonnez pas, chrétiens, si nous descendons à ces bassesses ; et si vous trouvez peut-être que c'est trop rabaisser nos discours, jugez donc combien il est plus indigne de rabaisser jusqueslà votre conscience.

Mais je ne finirais jamais ce discours, si je voulais faire avec vous tout votre examen. Protêt autejn \seipsu7n homo\ : si vous vous mettez à l'épreuv'e, connaissez votre faiblesse et défiez-vous de vos forces...

...De cette même bouche dont nous consacrons les divins

a. Lib, de Toh.^ cap. xi.

1. Les éditeurs conservent ici cet archaïsme, qu'ils avaient corrigé ailleurs.

2. Edit. qui peut-être changent... — Cette atténuation n'est pas au manuscrit.

3. Le manuscrit ajoute : « Mais encore, etc. » — C'est l'indication d'un développement.

mystères... : Recevez-les saintement ; ne faites point vos Pâques par un sacrilège (').

I. Èdit. De cette même bouche dont nous consacrons le? divins mystères, recevez-les...— Cette ponctuation fait contresens, si tant est qu'elle donne un sens quelconque. Bossuet veut dire : <i De cette même bouche dont nous consacrons les divins mystères, nous vous exhorions à les recevoir saintement. >

L'idée est seulement indiquée, comme dans ce qui précède. Après avoir été tenté de l'écrire à la suite de ce qu'on vient de lire, l'auteur la renvoie au bas de la page, et laisse en blanc, dans l'intervalle, un espace considérable. Evidemment il se proposait de compléter cette péroraison simplement esquissée.

EXORDE POUR LE JOUR de PAQUES (')

25 avril 1666.

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La chapelle rayale de Saint-Germain, à la différence de celle du Louvre, jouissait de certains privilèges paroissiaux. Par exemple, il y avait sermon aux jours des très grandes fêtes, qui sont exceptées dans les concessions de chapelles privées. Dans l'Avent du Louvre, il n'y avait eu sermon ni à la Toussaint, ni à Noël ; nous trouverons l'un et l'autre dans l'Avent de Saint-Germain, en 1669. Le Carême du Louvre ne comprenait pas de prédication pour le jour de Pâques ; celui de Saint-Germain se termina par un discours sur cette solennité. Il fut, ce semble, improvisé en grande partie. L'orateur relut, à cette intention, le sermon prêché aux Carmélites en 1661. On voit par les corrections de détail, ajoutées à cette occasion, et que nous avons données dans les notes (III, 746 et suiv.), qu'il médita l'œuvre entière, et le sommaire même. L'avant-propos seul n'en contient aucune. On en va voir ici la raison : c'est qu'un autre fut composé pour 1666. Le début, surtout dans une circonstance solennelle, était chose délicate : Bossuet ne l'abandonnait pas au hasard de l'inspiration du moment. Il pouvait compter sur elle, une fois entré en matière ; il ne voulait pas s'exposer à se lancer, au début, dans une fausse direction.

Cet avant-propos se termine par l'invitation de dire avec l'Église le Regina cœli. Il faut entendre sans doute que cette antienne était chantée par une maîtrise. De même r6^ cvux, ave, dans le sermon précédent : s'il n'y en a pas dans la Passion du Louvre, c'est apparemment l'absence d'exécutants qui aura amené la suppression de ravant-propos,dont ce chant aurait été la conclusion.

Solvite tempium hoc, et in tribus diebîis exxitabo iîlud.

Détruisez ce temple, et je le rétablirai en trois jours.

(Paroles du Fils de Dieu, en saint Jean, chapitre il, [19,] par lesquelles le Sauveur prédit sa glorieuse résurrection : Ille autem dicebat de tempio corporis sui.)

CE n'a pas été sans mystère que la solennité de la Pâque sainte et religieuse, qui devait nous représenter en figure le renouvellement spirituel (') de l'homme, a éié

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