‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 202 sur 573 · Var. reprend · texte numérisé non relu

Var. reprend

4. Apparemment l'emprunt se bornait à cette comparaison. Ce passage, en 1662, était encadré dans des réflexions sur le délaissement du Sauveur à la croix, Rien n'indique ici chez l'orateur l'intention d'y insister à nouveau.

2l8 CARÊME DE SAINT-GERMAIN.

voici les jours salutaires où Jésus-Christ veut célébrer la Pàque (') avec nous ; où les pasteurs, où les prédicateurs, où toute l'Eglise nous crie : « Mes frères, nous vous conjurons, pour Jésus-Christ, de vous réconcilier avec Dieu ('*).» Qui de nous n'est pas résolu durant ces saints jours d'approcher de la sainte table ? O sainte résolution ! mais trouvez bon néanmoins que je vous arrête pour vous dire avec l'Apôtre : Probet mitem seipsum hoino (^) : « Que l'homme s'éprouve soi-même. » L'action que vous allez faire est la plus sainte, la plus auguste (^) du christianisme : il ne s'agit de rien moins que de manger de sa propre bouche sa condamnation ou sa vie, de porter la miséricorde ou la mort toute présente dans ses entrailles.

Le mystère de l'Eucharistie, c'est le mémorial sacré de la Passion de Jésus : il y est encore sur le Calvaire; il y répand encore pour notre salut le sang du Nouveau Testament : il y renouvelle, il y représente, il y perpétue son saint sacrifice. Nous avons remarqué, mes frères, dans la Passion, le crime de ses ennemis et sa sainteté infinie : maintenant il est question en communiant [de savoir] à laquelle de ces deux choses vous aurez part: sera-ce à la sainteté de la victime, ou aux crimes de ceux qui l'immolent ? sera-ce pour perpétuer la violence ou la soumission, les outrages ou l'obéissance (3) ? Dieu ne venge rien plus terriblement que la profanation de ses saints mystères. Dans une action dont les suites sont si importantes, l'Apôtre a raison de nous arrêter et de nous ordonner une sainte épreuve. Donc, à la vue de ce saint autel, que chacun s'éprouve soi-même et rentre dans les replis de sa conscience. Oubliez {f) toutes vos affaires; car quels soins ne doivent céder à celui de se rendre digne

a. Il Cor.^ V, 20. — b. \ Cûr.,Xïj 28.

Page 1