‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 212 sur 573 · Var. de · texte numérisé non relu

Var. de

DE LA QUINQUAGÉSIME. 229

istud, et erat velatum ante eos, tU no?i sentirent illiid : et timebant etiin inte7n'ogare de hoc verbo {^). Je vois ('), si je ne me trompe, les deux causes de l'aveuglement. Si les apôtres n'entendent pas les paroles très évidentes du Sauveur Jésus, c'est que non seulement leur esprit, mais encore leur volonté, est mal disposée. Premièrement ils n'entendent pas, parce qu'ils ont l'esprit occupé par d'autres pensées, et obscurci par les préjugés qui naissent des sens (^) ; et voilà ce voile qui est devant eux, et les empêche de voir. Et erat velatum ante eos. Secondement ils n'entendent pas, parce qu'ils craignent d'être éclaircis [^) ; et ils ne découvrent pas la lumière, à cause qu'ils détournent les yeux délibérément. « Ils appréhendaient (■^), dit l'évangéliste, de l'interroger sur cette parole : » Et timebant eum interrogare de Jwc verbo. Voilà donc les deux grands obstacles qui nous empêchent d'entendre les paroles de Jésus-Christ : obstacle de la part de l'entendement, qui, prévenu de ses pensées, et couvert de ses préjugés comme d'un voile ténébreux (5), ne peut pénétrer à travers ce voile, ni le percer par ses regards: obstacle de la part de la volonté, qui fuit l'éclaircissement, et ne veut pas être instruite. Telles sont les causes profondes de l'aveuglement des mortels sur la Passion du Sauveur (^). L'esprit préoccupé ne peut recevoir la lumière ; la volonté dépravée l'évite et la craint. O Jésus ! dans quelque évidence que vous exposiez le mystère de vos souffrances (7), les hommes n'entendront jamais ; et notre aveuglement (^) sera sans remède, si nous ne déracinons ces

a. Luc.^ IX, 45.

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