‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 217 sur 573 · Var. soit Dieu · texte numérisé non relu

Var. soit Dieu

rection choque leur esprit, parce que pour ressusciter il faut mourir ; et ils ne conçoivent pas que le Sauveur se rabaisse jusque-là : tant ils s'étaient mis (') dans l'esprit que tout devait être grand et magnifique dans le Fils de Dieu ! tant ils s'étaient rempli l'imagination des opinions judaïques touchant le règne pompeux de leur Messie! C'est pourquoi (^), dans quelque évidence que Jésus-Christ leur puisse parler de sa croix et de ses souffrances, ils ne peuvent rien comprendre dans ses paroles ; et leur premier préjugé « est un voile qui les empêche d'en sentir la force : » Et erat velatum ante eos, ut non sentirent illtid (^).

Oue si vous me demandez d'où naissait dans les saints apôtres une si violente préoccupation, je vous le dirai (f), messieurs, en peu de paroles : c'est qu'ils voulaient juger des desseins de Dieu selon la mesure du sens humain. Je l'ai déjà dit, messieurs, que ce qui est cause que nous jugeons mal (^\ c'est que nous jugeons précipitamment, et que notre esprit trop prompt se laisse emporter (^) d'un côté ou d'un autre, avant que de bien entendre ; parce que (^), si notre esprit évitait cette précipitation, il aimerait mieux s'arrêter et demeurer en suspens, que de prendre mal son parti. Mais il faut encore ajouter qu'à l'égard des choses divines, quelque soin (7) que nous apportions à les pénétrer, et avec quelque considération que nous balancions, pour ainsi dire, notre jugement, nous sommes toujours téméraires et précipités,

a. Luc.y IX, 45.

1. Var (avant les additions marginales) : ... fasse la seconde. C'est qu'ils s'étaient mis dans l'esprit...

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