Var. penche. — Edit. se laisse emporter, penche
6. Cette fin de phrase est une addition marginale (sanguine).
7. Mot souligné : il paraissait insuffisant, étant employé d'abord absolument : « quelque soin que nous apportions. » Au lieu de le remplacer, l'auteur complète: « à les pénétrer. »
DE LA QUINQUAGÉSIME. 235
lorsque nous espérons connaître, ou que nous osons juger par nous-mêmes. Pour connaître les choses de Dieu, il faut que Dieu nous enseigne, et forme lui-même notre jugement: Et erunt o?nnes docibiles Dei... (^) Doctos a Do7nino (^). Car il est tellement au-dessus de nous, que tout ce que nous en pouvons penser de nous-même[s] nous est un obstacle invincible pour entendre ce qu'il est. C'est pourquoi ce sublime théologien, dont saint Denis Aréopagite ne désavouerait jamais la doctrine ni les sentiments, dans ce traité admirable qu'il a composé de la Théologie 7)iystique, dit que nous ne sommes capables d'entendre Dieu que par une entière cessation de toute notre intelligence : IlâTr,; ty,; yvwTsw; âv£v£pyri<T{a (^). H faut entendre, mes frères, que tout l'effort que nous faisons de nous-mêmes pour connaître ce premier Être ('), toute notre activité et notre pénétration naturelle ne sert qu'à obscurcir et confondre notre intelligence ('') ; qu'il faut imposer silence à nos pensées, à nos discours et à notre raison, et entrer avec Moïse {') dans la nuée, c'est-àdire, dans les saintes ténèbres de la foi, pour connaître Dieu et ses vérités. Que s'il est si fort au-dessus de nous, ne s'ensuit-il pas aussi qu'il ne pense pas comme nous, qu'il ne résout pas comme nous ? mais plutôt, comme il dit lui-même par son prophète Isaïe : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes voies ne sont pas vos voies; car autant que le ciel est élevé par-dessus la terre, autant sont élevés mes conseils au-dessus de vos conseils, et mes voies au-dessus de vos voies {f). »
Et il ne faut pas distinguer ici les grossiers d'avec les subtils : car la plus haute subtilité de l'esprit humain, qu'estce autre chose devant Dieu qu'une misérable ignorance ? C'est pourquoi il parle ainsi dans son Ecriture : « Où sont
a.Joan.^ VI, 45. — b. Is., Liv, 13. — Ms. Et erunt ômnes docti a Deo ; docibiles Dei. — c. De myst. Theol.^ cap. I. — M s. -wf,? 'j"/cÔ;j.t,;. — d. Is.^ LV, 8, 9.
1. Var, Dieu. — Édit. Dieu, ce premier Être. — On n'a pas compris que c'est un synonyme destiné à éviter une répétition non justifiée.