Correction. Le premier jet amenait d^hasarder (hazarder
DE LA QUINQUAGÉSIME. 245
du péché, la tyrannie de la convoitise, ce qui fait vivre l'esprit. Si cette voie est pénible, consolez-vous, chrétiens : la voie des passions ne l'est guère moins ; elle l'est même beaucoup davantage : ce n'est pas seulement la raison qui les combat ('), elles se contrarient les unes les autres. Le monde les traverse (^). Nul ne fait moins (^) ce qu'il veut que celui qui veut faire tout ce qu'il veut : car pendant que chacun s'abandonne {^) à ses volontés elles se heurtent mutuellement ; pendant que je lâche la bride (') à ma volonté je me trouve arrêté tout court par la volonté d'autrui, qui n'est pas moins violente (^). Taies cupiditates facilius resecantur in eis qui Deiim diligunt, quain i^i eis qui mtindum diligunt aliquando satiantur (^). Modérons-les donc plutôt dans la source même. Quiconque (^) ne résiste pas à ses volontés, il est injuste au prochain, incommode au monde, outrageux à Dieu, pénible à lui-même. Que ce soit plutôt la raison qui réduise (^) nos volontés précipitées, qu'une malheureuse nécessité qui ajoute au désir d'avoir la rage de n'avoir pas. Si la vertu est un fardeau, celui que le monde impose est beaucoup plus dur : et le joug de Jésus-Christ n'est pas seulement le plus honnête, mais encore le plus doux et le plus léger : Onus meum levé (^).
Mais pendant que vous vous ferez à vous-même une sainte
• a. S. Aug., Epist. ccxx, ad Boni/,, n. 6. — Ms. Facilius resecantur ab amatoribiis Dei cupiditates istœ quam a mîindi amatoribtis aliquando satiantur. (Pensée reproduite de mémoire, avec des synonymes substitués aux termes de l'auteur.) — b, Matth., xi, 30.