POUR LE DIMANCHE DE LA QUINQUAGÉSIME
par rimpatience. Hodie, « aujourd'hui, » quelle promptitude ! Mecum, « avec moi, » quelle compagnie ! \In paradiso^ <i dans le paradis (''), » quel repos !
a. Luc, XXIII, 43.
ils s'estimeront trop heureux de les pouvoir croire et tourneront tout leur cœur à une humble adoration, afin que leur foi ne soit point stérile. >
Bossuet avait intitulé ce fragment: Paroles de saint Justin j ^\. en marge : Exposit\io\ fidei. Vérification faite, il efface le titre français, et note : « Cet ouvrage n'est pas de saint Justin. » C'est en effet un opuscule {Expositiojidei, ou mieux : Expositio rectœ cojifessionis), qui lui avait été attribué à tort dans les éditions du xvi^ siècle. Il paraît entaché de nestorianisme. Bossuet, qui en a cité une autre phrase sur la fin de son premier point, le lisait-il en vue de cette célèbre Exposition qu'il préparait alors lui-même.''
% FRAGMENTS d'un SERMON ^
SUR JL'ASSOMPTION
destiné à la cathédrale de Metz, 15 août 1667.
Bossuet, encore présent à Paris, le 2 avril, veille des Rameaux {^), était bientôt après retourné à Metz. Nommé directeur de l'œuvre des Nouveaux Convertis, à laquelle il s'intéressait depuis longtemps, de même qu'à celle des Nouvelles Catholiques, il dut faire appel à la charité dès son arrivée. Ce fut, pensons-nous, le 3 mai, fête de l'Invention de la sainte Croix, qu'il prononça pour la seconde fois un sermon composé jadis (1659) en faveur de l'œuvre du même nom à Paris. Le temps lui manqua, et les modifications qu'il y apporta par écrit furent peu importantes : la plus notable, que nous avons indiquée, comme les autres (3), fut le changement du texte : Exaliari oportet Filium houtinis, qui désignait primitivement la fête de l'Exaltation, en celui-ci : Christo confixus S7iin criici (Galat., Il, 19).
La préoccupation de la conversion des protestants apparaît de nouveau dans les fragments qui suivent. Ils rappellent une circonstance douloureuse de la vie de Bossuet. « On l'avait engagé, raconte l'abbé Ledieu, à prêcher dans la cathédrale, le jour de l'Assomption, 1667. Prêt à monter en chaire, il fut obligé de laisser le sermon pour rendre les derniers devoirs à son père et lui fermer les yeux (^). » Ledieu ne connaissait ces événements que par ouï-dire. Peut-être Bossuet ne fut-il appelé qu'en descendant de chaire. Du moins A. Fioquet nous apprend, d'après le registre secret du Parlement de Metz, « que cette cour, le 15 août 1667, assista à la. procession du vœu de Louis XIII, et au sermon dans la cathédrale (^). »
Le manuscrit contient 1° l'exorde, qui est incomplet ; 2° une partie du second point, au milieu duquel se trouve une lacune. Il n'en restait pas davantage, en 1772, quand Deforis donna la première édition.
1. Ms. communiqué par Monseigneur Blampignon, protonotaire apostolique, ancien professeur à la Sorbonne.