Var. c'est-à-dire celui de Sauveur
fiques, lorsqu'après avoir pris la forme d'esclave, il a encore subi aujourd'hui une loi servile, et porté (') en son propre corps la marque de sa (j) servitude. En effet, quand le Fils de Dieu « se fait circoncire, il s'oblige et s'assujettit, dit le saint Apôtre ('"), à toute la loi de Moïse ; » et ainsi se chargeant volontairement du joug que Dieu impose aux serviteurs, non seulement il se dépouille en quelque façon de sa toute-puissante souveraineté, mais il semble qu'il se dégrade jusqu'à renoncer à la liberté et à la franchise. C'est dans ce temps mystérieux, c'est dans cette conjoncture surprenante, que Dieu, qui sait rehausser {^) magnifiquement les humiliations de son Fils, lui donne le nom de Jésus et la qualité de Sauveur du monde. Il lui rend par ce moyen tout ce qu'il semble avoir perdu. Pendant que le Fils de Dieu se range parmi les captifs, il en est fait le libérateur, et rentre sous un autre nom dans les droits de sa royauté et de son empire ; parce qu'il devient, par un nouveau titre, le Seigneur de tous ceux qu'il sauve, et s'acquiert autant de sujets, qu'il rachète de pécheurs et qu'il affranchit d'esclaves.
La grâce du Jubilé se trouve enfermée si heureusement dans le saint nom de Jésus et dans le texte de mon évangile, que je ne puis rien traiter (^) de plus convenable à ce concours de solennités. Mais saint Paul ayant prononcé que « nul ne peut même nommer le Seigneur Jésus sans la grâce du Saint-Esprit {^'), » moi, qui dois vous expliquer le mystère de ce nom aimable et en faire tout le sujet de mon discours, combien ai-je donc besoin de l'assistance divine ? Je la demande humblement par l'intercession de la sainte Vierge : Ave.
Combien grande, combien illustre, combien nécessaire est la grâce que nous apporte le Sauveur Jésus en nous délivrant de nos péchés, on le peut {') aisément comprendre par la
a. Galat., V, 3. — ^. I Cor., XI l, 3.