‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 267 sur 573 · Var. choisir — dire · texte numérisé non relu

Var. choisir — dire

5. Les éditeurs ont supprimé cette inversion, en faisant deux phrases d'une seule : « Combien... péchés ! On le peut... »

qualité du mal dont elle nous tire. Car le péché n'étant autre chose que la dépravation de l'homme en lui-même et dans sa partie principale, les (') maux qui nous attaquent dans notre fortune, ou même dans l'état de notre santé et dans notre vie, n'égalent pas sa malignité (^) ; et c'est le plus grand de tous les maux, puisque c'est celui qui nous fait perdre le bon usage de la raison, l'emploi légitime de la liberté, la pureté de la conscience, c'est-à-dire, tout le bien et tout l'ornement de la créature raisonnable. Mais, mes frères, ce n'est pas assez ; et voici ce qu'il y a de plus déplorable. Le comble de tous les malheurs, c'est que (^) cette volontaire dépravation ne corrompt pas seulement en nous ce qu'il y a de meilleur, mais encore nous rend ennemis de Dieu, contraires à sa droiture, injurieux à sa sainteté, ingrats envers sa miséricorde (^), odieux à sa justice, et par conséquent soumis à la loi de ses vengeances. Tellement qu'il n'y a nul doute que le- plus grand mal de l'homme ne soit le péché : et si jusques à présent il y a eu plusieurs Jésus et plusieurs Sauveurs, maintenant il n'est plus permis d'en connaître d'autres que celui que nous adorons, qui, nous sauvant du péché comme du plus grand de tous les malheurs, mérite d'être nommé le véritable Jésus, l'unique libérateur, et le Sauveur par excellence.

La grâce du Jubilé qui nous a été accordée durant ces saints jours, jointe à (^) la réception des saints sacrements et aux pieuses pratiques qui nous ont été ordonnées, fait en nous une entière (^) application de ce beau nom de Sauve.ur (7), que le Fils de Dieu reçoit aujourd'hui : et le concours de ces choses m'oblige à traiter à fond de quelle manière ce divin

1. Èdit. il est clair que... ; et que... — Les mots que nous supprimons sont retranchés au manuscrit par un trait à la sanguine.

2. Var. n'égalent pas celui-ci. — Edit. n'égalent pas celui-ci en malignité. — Erreur de lecture,

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