Lâchât .-tout ce qui est mortel. — Deforis avait bien lu
5. Cette conclusion est barrée, en marge, par un trait à la sanguine, au i""" janvier 1669. La parole de l'Apôtre, que l'orateur allègue ici, avait été commentée, à Saint-Thomas du Louvre, le jour de la Toussaint.
6. Ces six mots sont une addition interlinéaire, que les éditeurs disposent chacun à leur guise. Deforis lisait : « dans le calme de vos passions tournez maintenant tous vos désirs... » Lâchât : « qui avez cherché... dans la grâce du Jubilé, dans le calme de vos passions, le repos de vos consciences. » Nous nous en tenons à l'ordre indiqué dans le manuscrit.
tous VOS désirs à ce repos éternel où vous n'aurez plus aucune tentation à combattre: Festiftemus: « Hâtons-nous. » II faut travailler {'). Ceux qui s'imaginent que le temps fera tout seul leur conversion. ... ; folie et illusion ! Il est vrai, je le reconnais, il y a une certaine ardeur de la jeunesse (^) et je ne sais quelle force trop violente de la nature que l'âge peut tempérer. Mais cette seconde nature {^) qui se forme par l'habitude, mais cette autre nouvelle ardeur encore plus insensée qui naît de l'accoutumance, le temps ne l'affaiblit pas, mais plutôt il la fortifie. Ainsi vous vous trompez déplorablement, si vous attendez de l'âge et du temps le remède à vos passions,que la raison vous présente en vain. Expérience (^). Les vices ne s'affaiblissent pas avec la nature, les inclinations ne se changent pas avec la couleur des cheveux ; et, comme dit sagement Y Ecclésiastique, « la vieillesse ne trouve pas ce que la jeunesse n'a pas amassé (^). » Je sais que le temps est un grand secours ; mais, messieurs, il en faut juger comme des occasions. Dans les affaires du monde, chacun attend les moments heureux pour les terminer ; mais si vous attendez sans vous remuer, si vous ne savez pas profiter du temps, il passe vainement pour vous, et ne vous apporte en passant que des années qui vous incommodent. Ainsi (^), dans l'affaire de la conversion, celui-là peut beaucoup espérer du temps, qui est actif et vigilant pour s'en servir et le ménager. Mais pour celui qui attend toujours et ne commence jamais, que lui apporte le temps, sinon une atteinte plus forte à sa vie, un plus grand poids à ses crimes, une violence plus tyrannique à ses habitudes.'^ Festinemus ergo : « Hâtonsnous, efforçons-nous. » Il faut combattre, il faut faire effort. Ce sont ici les jours malheureux, les jours de l'ancien Adam,
a. Eccli., XXV, 5.
1. Addition marginale, simplement esquissée, comme toute cette fin du discours. Malgré un renvoi formel de l'auteur, Lâchât la rejette plus loin. C'est encore une erreur où Deforis n'était pas tombé.