‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 31 sur 573 · Var. c'est traiter · texte numérisé non relu

Var. c'est traiter

Sermons de Bossuet. — V. 3

appelle distributive. Et si l'apôtre saint Paul n'avait pas reconnu cette vérité, il n'aurait pas dit ces paroles : « J'ai combattu un bon combat, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi; au reste, la couronne de justice m'est réservée, que le Seigneur, ce juste juge, me rendra en ce jour (^). » Il paraît manifestement qu'il ne parle de la couronne qu'après qu'il a (') raconté ses œuvres. C'est une couronne de justice, et non simplement (^) de grâce : elle ne lui sera pas seulement donnée, mais rendue : il l'attend de Dieu parce qu'il est juste, et non pas simplement {^) parce qu'il est bon. C'est enseigner nettement que les bonnes œuvres sont de grand prix, de grande valeur, de grand mérite devant Dieu, car tout cela c'est la même chose ; et que c'est à ce mérite que la vie éternelle est donnée (^), ainsi que l'Eglise catholique l'a cru et entendu dès les premiers siècles.

Mais cette même Eglise catholique, également éloignée de tous les sentiments extrêmes, nous apprend aussi, après cet apôtre (^), que la vie éternelle, qui nous est rendue comme récompense par un acte de justice, nous est aussi donnée comme grâce par un effet de miséricorde : Gratia autem Dei vita œte^^na (^') ; et il nous faut un peu démêler cette belle théologie.

Oui, messieurs, la vie éternelle est donnée aux œuvres, et néanmoins il est certain que c'est une grâce, parce qu'elle nous est promise par grâce (^), et que les bonnes œuvres qui nous l'acquièrent ne sont pas en nous « comme de noUs-

«.II fim.^ IV, 7, 8. — b. Rom., vi, 23 ; Ephes., il, 5.

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