‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 320 sur 573 · Var. l'injure · texte numérisé non relu

Var. l'injure

Sermons de Bossuet. — V. 24

que souffre son amour méprisé et sa bonne volonté frustrée par notre opiniâtre résistance.C'est là, dit le saint Apôtre, ce qui afflige le Saint-Esprit, c'est-à-dire l'Amour de Dieu agissant en nous pour gagner nos cœurs. Dieu est irrité contre les démons ; mais comme il ne demande plus leur affection, il n'est plus affligé ni contristé par leur désobéissance. C'est à un cœur chrétien qu'il veut faire sentir ses tendresses ;... trouver la correspondance. De là naît le rebut qui l'afflige et qui le contristé; un dégoût des ingrats qui lui sont à charge(').

Encore qu'un Dieu irrité ne paraisse jamais aux hommes qu'avec un appareil étonnant, toutefois il n'est jamais plus terrible qu'en l'état où je dois le représenter, non point, comme on pourrait croire, porté sur un nuage enflammé, ou sur un tourbillon foudroyant, mais armé de ses bienfaits et assis sur un trône de grâce.

Siait... lœtatus est [Dominus supe7^ vos bene vobis faciens vosque multiplie ans, sic lœtabitur disperdens vos atque subvertens~\ (''). L'amour rebuté, l'amour dédaigné, l'amour outragé par le plus injurieux mépris, l'amour épuisé par l'excès de son abondance fait tarir la source des grâces et ouvre celle des vengeances. Dieu a suivi, en nous bénissant, sa nature bienfaisante ; mais nous l'avons contristé, mais nous avons affligé son Saint-Esprit ; nous avons changé la joie de bienfaire en une joie de punir ; et il est juste qu'il répare la tristesse que nous avons causée (^) à l'Esprit de grâces, par une joie efficace, par un triomphe de son cœur, par un zèle de sa justice à punir nos ingratitudes. Justice du Nouveau Testament, qui s'applique par le sang, par la bonté même et par les grâces infinies d'un Dieu Rédempteur.

Ecce Agnus Dei (^). Ja7n enim sectiris ad radicem... posita est {"). La colère approche toujours avec la grâce ; la cognée s'applique toujours par le bienfait même ; et si la sainte inspiration ne nous vivifie, elle nous tue.

Car d'où pensez-vous que sortent les flammes qui dé-

a. Deu/eK, xxviii, 63. — â./oan., i, 36. — c. MaU/i.,in, 10.

1. NûU marginale : Rien déplus furieux qu'un amour méprisé et outragé.— Et au-dessus, cette autre, qui n'est pas suffisamment explicite : Toujours menaçante, toujours foudroyante et jetant de ses yeux un feu dévorant.

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