‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 323 sur 573 · Var. très équitable · texte numérisé non relu

Var. très équitable

redoublés sans fin leur seront d'éternels reproches de ses grâces méprisées. Ainsi toujours vivants et toujours mourants, immortels pour leurs peines, trop forts pour mourir, trop faibles pour supporter, ils gémiront éternellement sur des lits de flammes, outrés de furieuses et irrémédiables douleurs ; et poussant parmi des blasphèmes exécrables mille plaintes désespérées, ils porteront à jamais le poids infini de tous les sacrements profanés, de toutes les grâces rejetées; non moins pressés, non moins accablés des miséricordes de Dieu que de l'excès intolérable de ses vengeances.

Tremblez donc, tremblez, chrétiens, parmi ces grâces immenses, parmi ces bienfaits infinis qui vous environnent. Tous les mouvements de la grâce sont d'un poids terrible pour nous. Les saintes prédications sont un poids terrible : les saints sacrements, les inspirations, les exemples bons et mauvais qui nous avertissent chacun à leur manière, le silence même d'un Dieu, sa patience, sa longanimité, son attente : ô le poids terrible ! Il n'y a rien à négliger dans notre vie. Notre destinée, notre état, notre vocation ne souffre rien de médiocre. Tout nous sert ou nous nuit infiniment. Chaque moment de notre vie, chaque reprise de respiration ('), chaque battement de pouls, si je puis parler de la sorte, chaque éclair de notre pensée a des suites éternelles. L'éternité d'un côté, et l'éternité de l'autre. Si vous suivez fidèlement l'instinct de la grâce, l'éternité bienheureuse y est attachée. Si vous manquez à la grâce, une autre éternité vous attend, et vous méritez un mal éternel, pour -avoir perdu (') volontairement un bien qui le pouvait être {^).

TROISIÈME POINT

Il reste à considérer la troisième peine dont Dieu menace son peuple rebelle, laquelle il a plu au Saint-Esprit de nous exprimer en ces paroles, que je répète encore une fois :

1. Eift/. chaque respiration, chaque battement de notre pouls. — On n'a pas tenu compte des corrections. Bossuet avait d'abord écrit celles-ci : « chaque reprise de notre souffle, chaque palpitation de notre poitrine. » (Effacé.)

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