‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 324 sur 573 · Fc?r. si vous perdez · texte numérisé non relu

Fc?r. si vous perdez

3. L'orateur ajoute : « S. Augustin. > — Ce saint Docteur devait sans doute servir à compléter au besoin ces pensées. '

« Puisque vous n'avez pas voulu servir le Seigneur votre Dieu dans la joie et l'allégresse de votre cœur, au milieu de l'abondance de toute sorte de biens, vous servirez à votre ennemi que le Seigneur enverra (') contre vous, dans la faim, dans la soif, dans la nudité, et dans un extrême besoin de toutes choses (') ; et cet ennemi mettra sur vos épaules un joug de fer par lequel vous serez brisés (''). » C'est-à-dire, comme nous l'avons déjà expliqué, vous n'avez pas voulu vivre sous un empire doux et légitime : vous serez justement soumis à une dure et insupportable tyrannie.

Deux conditions de l'empire de Dieu nous sont ici exprimées : il n'y en a point de plus légitime, il n'y en a point de plus doux. Vous n'avez pas voulu servir Dieu votre Seigneur ; et certes il n'y a point de seigneur dont le droit soit mieux établi, ni le titre plus légitime. Il nous a faits, il nous a rachetés : nous sommes par la création l'œuvre de ses mains, par la Rédemption le prix de son sang ; par la création ses sujets, par la Rédemption (^) ses enfants. Nous sommes son bien, nous portons sa marque, créés à sa ressemblance, scellés de son Saint-Esprit ; et nous ne pouvons le désavouer sans que le fond de notre être ne nous désavoue; ni enfin le renoncer sans renoncer à nous-mêmes.

Si cet empire (^) est le plus légitime, il est aussi le plus naturel ; étant le plus naturel, il est par conséquent le plus doux. Ce n'est donc pas sans raison que la joie du cœur est promise à ceux qui servent le Seigneur leur Dieu. Car celuilà est content qui est dans l'état que la nature demande. La joie se trouve donc nécessairement dans le service de Dieu ; l'abondance y est aussi et la plénitude. Nul ne sait mieux ce qui nous est propre que Celui qui nous a faits. Nul ne peut mieux nous le donner, puisqu'il a tout en sa main. Nul ne le veut plus sincèrement (^), puisque rien ne convient mieux à

a. Deuier.^ xxvin, 47, 48.

1. Ms. envoiera (emioiera)^ comme plus haut, et comme ci-après.

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