‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 325 sur 573 · Var. davantage · texte numérisé non relu

Var. davantage

Celui qui a commencé l'ouvrage en nous donnant l'être, que d'y mettre la dernière main en nous donnant la félicité et le repos.

Telle est la condition de la créature sous l'empire de son Dieu. Elle est riche, elle est contente, elle est heureuse. Dieu, qui n'a besoin de rien pour lui-même, ne veut régner sur nous que pour notre bien, ni nous posséder que pour nous faire posséder en lui toutes choses.

Donc, ô créatures rebelles, ô pécheurs qui vous soulevez contre Dieu, faites maintenant votre sentence. Dites, messieurs, ce que méritent ceux qui refusent de se soumettre à un gouvernement si avantageux et si équitable ('). Hélas ! que méritent-ils, sinon de trouver, au lieu d'un joug agréable, un joug de fer; au lieu d'un seigneur légitime, un usurpateur violent ; au lieu d'une puissance bienfaisante et amie, un ennemi insolent et outrageux ; au lieu d'un père, un tyran ; au lieu de la joie des enfants, la contrainte et la terreur des esclaves ; au lieu de l'allégresse et de l'abondance, la faim, la soif et la nudité, et une extrême disette ?

Il faut vous dire quel est cet ennemi que Dieu enverra contre vous. Celui qui s'est déclaré l'ennemi de Dieu, qui, ne pouvant rien contre lui, se tourne (') contre son image ; et la déchirant, la déshonore, remplissant son esprit envieux d'une vaine imagination de vengeance. C'est Satan avec ses anges ; esprits noirs, esprits ténébreux, esprits furieux et désespérés (2), qui, étant perdus (^) sans espérance et abîmés sans ressource, ne sont plus désormais capables [^) que de cette noire et maligne joie qui revient à des méchants d'avoir des complices, à des envieux d'avoir des compagnons, à des superbes renversés (^) d'entraîner avec soi les autres. C'est cette rage, c'est cette fureur de Satan et de ses anges que

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