Var. qu'il n'en reste aucune — qu'il n'en reste plus
8. Var. Or il y a cette différence er^tre la raison et les sens que l'impression des sens est fort vive, leur opération prompte... — Le passage est refait en marge. Lâchât renvoie en note la leçon définitive.
rence entre la raison et les sens, que les sens font d'abord leur impression, leur opération est prompte, leur attaque brusque et surprenante ; au contraire, la raison a besoin de temps pour ramasser ses forces, pour ordonner ses principes ('), pour appuyer ses conséquences, pour affermir ses résolutions ; tellement qu'elle est entraînée ('') par les objets qui se présentent, et emportée, pour ainsi dire, par le premier vent, si elle ne se donne à elle-même par son attention un certain poids, une certaine consistance, un certain arrêt. Iniquitates nostrœ quasi ventus abshilertint nos (f) : ce vent ne manquera jamais de nous emporter ['), si notre âme ne se raidit, et ne s'affermit elle-même par une attention actuelle. Le monde ne lui permet pas (^) : il sait remuer si puissamment je ne sais quoi d'inquiet et d'impatient que nous avons dans le fond du cœur (^), qu'il nous tient toujours en mouvement. Toutes les heures s'écoulent trop vite, toutes les journées finissent trop tôt ; en sorte qu'on n'est jamais un moment à soi : et qui n'est pas à soi-même, de qui ne devient-il pas le captif ?
Hommes errants, hommes vagabonds, déserteurs de votre âme et fugitifs de vous-mêmes (^), redite, pi^œvaricatoreSy ad cor (^), « retournez au cœur : » commencez à réfléchir, et à entendre la voix qui vous rappelle au-dedans ('). Si vous vous êtes perdus par cette prodigieuse dissipation, il faut qu'un recueillement salutaire commence votre guérison. Une partie de votre mal consiste dans un certain étourdissement que le bruit du monde a causé; et dont votre tête est toute ébranlée ; de là ce vertige, cet ébranlement
a. /f., LXIV, 6. — b. Ibid.^ XLVi, 8.