‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 345 sur 573 · Var. à soi-même · texte numérisé non relu

Var. à soi-même

€ Mon péché occupe toutes mes pensées. » Un pénitent est un homme dégoûté et de lui-même et du monde : Dorjuitavit anima 7nea prœ tœdio (^) : « Mon âme languit d'ennui. > Un pénitent est un homme qui veut soupirer ('), qui veut gémir : Laboravi iji gemitii rneo (^) : « J'ai été pressé par mes sanglots. » Un tel homme veut être seul, veut avoir des heures particulières ; le monde l'importune et lui est à charge.

Je vous étonnerais (^), mes frères, si je vous racontais les lois de l'ancienne pénitence. On tirait (^) le soldat de la milice, le marchand du négoce (f), tout chrétien pénitent des emplois du siècle. Ils priaient, ils méditaient nuit et jour; ils regrettaient sans cesse le bien qu'ils avaient perdu. Ils n'étaient (^) ni des fêtes, ni des jeux, ni des affaires du monde. Ils se nourrissaient dans leurs maisons du pain de larmes. Ils ne sortaient en public que pour aller se confondre à la face de l'Eglise, et implorer aux pieds de leurs frères le secours de leurs prières charitables ; tant ils estimaient la retraite et la solitude nécessaire.

Qu'est-ce (^) en effet qui nous a poussés dans ces prodigieux égarements ? qu'est-ce qui nous a fait oublier et Dieu et nous-mêmes, si ce n'est qu'étourdis par le bruit du monde, nous n'avons pas même connu nos excès ? Notre conscience, témoin véritable, ami fidèle et incorruptible, n'a jamais le loisir de nous parler ; et toutes nos heures sont si occupées, qu'il ne reste plus de temps (7) pour cette audience. Et cependant (^) il est véritable que qui ôte à l'esprit la réflexion, lui ôte toute sa force. Car il y a cette diffé-

a. Pj,, cxviii, 28. — b. Ibid.^ VI, 6,

1. Var. s'affliger. — Edit. qui veut soupirer, s'affliger, qui veut...

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