‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 35 sur 573 · Edit. autour de moi · texte numérisé non relu

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3. Bossuet conjugue ordmairement ainsi ce verbe. Voy. ci-dessus, p. 29 et Remarques..,^ à la fin de l'Introduction du t. P'", p. LXI.

4. Var, la grande reconnaissance qu'il attend de vous, c'est le sacrifice...

Je remarque dans les Écritures deux sortes de sacrifice : il y a un sacrifice qui tue, et un sacrifice qui donne la vie. Le sacrifice qui tue est assez connu; témoin le sang de tant de victimes et le massacre (') de tant d'animaux. Mais outre le sacrifice qui détruit, je vois dans les saintes Lettres un sacrifice qui sauve : car, comme dit l'Ecclésiastique, « celui-là offre un sacrifice, qui exerce la miséricorde : » Qui facit niisericordiam, ofiert sacrificiicm (f). D'où vient cette différence, sinon que l'un de ces sacrifices a été divinement établi pour honorer la bonté de Dieu, et l'autre pour apaiser sa justice ? La justice divine poursuit les pécheurs à main armée, elle « lave ses mains dans leur sang (/), » elle les perd et les extermine : Pereant peccatores afacie Dei ('). Au contraire la miséricorde, toujours douce, toujours bienfaisante, ne veut pas que personne périsse, et «pense toujours, dit l'Ecriture, des pensées de paix, et non pas des pensées d'afiliction : » Ego cogito.,. cogitationes pacis, et non afflictionis {^^). C'est pourquoi cette justice, qui tonne, qui fulmine, qui renverse les montagnes et déracine (-) les cèdres du Liban, c'est-àdire, qui extermine les pécheurs superbes et lave ses mains dans leur sang, exigeait des sacrifices sanglants et des victimes égorgées, pour marquer la peine qui est due aux crimes des hommes (-'); mais pour cette miséricorde toujours bienfaisante, qui guérit ce qui est blessé, qui affermit ce qui est faible, qui vivifie ce qui est mort, il faut présenter en sacrifice, non des victimes détruites, mais des victimes conservées, c'est-à-dire, des pauvres nourris, des . infirmes soutenus, des misérables soulagés.

Aussi dans la nouvelle alliance, qui est une alliance de grâce et de miséricorde infinie, Dieu n'exige rien tant de nous que de semblables hosties. « Ne fallait-il pas, dit le père de famille, que vous eussiez pitié de vos conserviteurs, comme j'ai eu pitié de vous (^) } » Il veut que la bonté qu'il

a. Eccli., XXXV, 4. — Ms. 5. — b. Ps.^ LVll, 11. — c. Ibid.^ 3. — d. Jerem.^ xxix, II. — e. Matth.^ xviii, 33.

1. Deux mots effacés : Bossuet a oublié, ce semble, de les remplacer.

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