‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 351 sur 573 · Var. se communique · texte numérisé non relu

Var. se communique

3. Édi'i. Oui certes, autant d'hommes qui nous parlent, autant d'organes qui nous les inspirent. Nos ennemis par leurs menaces, nos amis par leurs bons offices, concourent également à nous donner de fausses idées des biens et des maux. — La première de ces deux phrases a sa place un peu plus haut; la seconde est effacée.

4. Première rédaction (à la suite de ce passage), supprimée par un trait en marge: « Ainsi vous n'avancez rien {correciio?t commencée : nons n'avançons rien; V auteur fie continue pas à corriger^ parce qu'Use décide à retra?tcher) de n'avaler pas tout à fait le poison du libertinage, si cependant vous le sucez peu à peu, si vous laissez gagner jusqu'au cœur cette subtile contagion qu'on" respire avec l'air du monde, dans ses conversations et dans ses coutumes. Tout nous gâte, tout nous séduit, et si nous demandons à Tertullien... » — Seconde rédaction : i. et le grand malheur de la vie humaine, c'est que nul ne se contente {var. ne veut) d'être insensé seulement pour soi, mais [on] veut {peut-être faut-il conserver: mais veut) faire passer sa folie aux autres : si bien que ce qui nous serait indifférent, souvent, tant nous sommes faibles, excite notre imprudente curiosité par le bruit qu'on en fait autour de nous. Dans cet étrange empressement de nous entrecommuniquer nos erreurs et nos folies, l'esprit se corrompt tout à fait ; et si vous demandez à Tertullien... > — En récrivant au-dessous de cette addition marginale ce qui se lisait déjà en tête de la page : « Tout ce qui se dit dans les compagnies,... vanité, » Bossuet l'a réduite au rôle de variante. Deforis n'entendait pas perdre de si belles choses. Il conserve dans son texte toutes les rédactions successives, en les superposant de son mieux. Lâchât au contraire prend le parti plus facile de renvoyer dans les notes tout ce qui se lit en marge : il donne ainsi comme définitives les premières ébauches.

ce qu'il craint pour nous dans le monde : Tout, vous répondra ce grand homme, « jusqu'à l'air, qui est infecté par tant de mauvais discours, par tant de maximes antichrétiennes (') : » Ipsîimque ae7xm, scelestis vocibus constupraturn (").

Ne vous étonnez donc pas si je dis que le premier instinct que ressent un homme touché de Dieu est celui de se séquestrer du grand monde. La même voix qui nous appelle à la pénitence, nous appelle aussi au désert, c'est-à-dire au silence, à la solitude et à la retraite. Écoutez ce saint pénitent : Similis factus sum pellicano soliludinis, factus sum sicut nycticorax in domicilio; vigilavi^ et factus sum sicut passer solitarius tn tecto ('^) : « Je suis, dit-il, devenu semblable au pélican des déserts et au[x] oiseaux qui fuient la lumière et le jour (^) : j'ai passé la nuit en veillant, et je me trouve comme un passereau tout seul sur le toit d'une maison. » Au lieu de cet air toujours complaisant que le monde nous inspire, l'esprit de pénitence nous met dans le cœur je ne sais quoi de rude et de sauvage. Ce n'est plus cet homme doux et galant (^) qui liait toutes les parties : ce n'est plus cette femme commode et complaisante, trop adroite médiatrice et amie trop officieuse, qui facilitait ces secrètes correspondances: ce ne sont plus ces expédients, ces ouvertures, ces facilités : on apprend un autre langage, on apprend à dire : Non ; à dire : Je ne puis plus ; à payer le monde de négatives sèches et vigoureuses. On ne veut plus vivre comme les autres ni avec les autres; on ne veut plus s'approcher : on ne veut plus plaire ; on se déplaît à soi-même. Un pécheur qui commence à sentir son mal, est dégoûté tout ensemble et du monde qui l'a déçu, et de lui-même qui s'est laissé prendre à un appât si grossier. Il se souvient, hélas ! à combien de crimes il s'est engagé par ses malheureuses complaisances. Il ne songe plus qu'à se séparer i^)

a. Dg Spectac, n. 27. — Ms... ipsu?n etiain aerein.,.. — b. Ps,^ CI, 7, 8.

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