Var. il sera aisé
6. Var. qui oblige les saints pénitents à pleurer avec abondance,
larmes et les regrets nous sont inutiles. Une personne qui vous était chère vous a été ravie par la mort ; pleurez jusqu'à la fin du monde, quelque effort que fasse pour la rappeler une douleur impuissante, vous ne la ferez pas sortir du tombeau, et vos douleurs ne ranimeront pas ses cendres éteintes ('). Mais en déplorant (^) vos péchés, vous les effacez par vos larmes ; en disant avec le prophète : « La couronne de notre tête est tombée ; malheur à nous, car nous avons péché ('"), » nous remettons sur cette tête dépouillée de son ornement la même couronne de gloire. En déplorant (3) l'audace insensée qui vous a fait violer la sainteté de votre baptême, vous vous en préparez un second. C'est ce qui porte un cœur pénitent (■*) à pleurer sans fin, et à chercher le secret et la solitude pour s'abandonner tout entier à une douleur si juste et si salutaire.
L'épouse (^) du saint Cantique aime la campagne et la solitude : le tumulte des compagnies et la vue même des hommes la détourne et l'étourdit. Pourquoi ? Parce qu'elle a le cœur touché. « Viens, mon bien-aimé,dit l'épouse, sortons à la campagne ; allons demeurer aux champs : levons-nous du matin pour aller visiter nos vignes, pour voir si elles commencent à pousser leurs fleurs ('''). » Il n'y a aucune de ces paroles qui ne respire (^) un air de solitude et les délices de la vie champêtre. L'amour, ennemi du tumulte et occupé de soi-même, cherche les lieux retirés, dont le silence et la solitude entretiennent son oisiveté toujours agissante. Amour innocent; amour pénitent. Délicieuses méditations de
a. TAren., V, 16. — â. Can/., vil, 11, 12.
1. Première rédaction : pleurez jusqu'à la fin du monde, vous ne la ferez pas sortir du tombeau, et si vives que soient (quatre mots effacés) vos douleurs, elles ne ranimeront... — La rédaction définitive est écrite en marge, au crayon. Deforis imagine une autre leçon, que tous les éditeurs reproduisent, Lâchât y compris.