‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 363 sur 573 · Var. il reçoit · texte numérisé non relu

Var. il reçoit

peine ; vous rejetez {') l'attrait, et vous n'êtes point accablé par la colère. Vous bravez jusqu'à la bonté qui vous attire, jusqu'à la patience qui vous attend ; vous vivez maître absolu de vos volontés, indépendant de Dieu, sans rien ménager de votre part, sans rien souffrir de la sienne ; et il ne règne sur vous ni par votre obéissance volontaire, ni par votre sujétion forcée. C'est un état violent (') : il est pressé de régner sur vous ! S'il ne règne par sa bonté, bientôt et plus tôt que vous ne pensez, il voudra régner par sa justice. Car à lui {^) appartient l'empire, et il se doit à lui-même et à sa propre grandeur d'établir promptement son règne. C'est pourquoi notre grand Baptiste crie dans le désert : et non seulement les rivages et les montagnes voisines, mais même tout l'univers {^) retentit de cette voix : « Faites pénitence ! » faites pénitence, riches et pauvres, grands et petits, princes et sujets ; que chacun se retire de ses mauvaises voies : « car le règne de Dieu approche : » Appropinquavit enim regnum cœloruni (f),

La bonté et la justice marchent toujours d'un même pas : elle prend la place (^).

Ainsi je vous conjure, mes frères, ne vous fiez pas au temps qui vous trompe ; c'est un dangereux imposteur, qui vous dérobe si subtilement que vous ne vous apercevez pas de son larcin. Ce qu'il semble vous donner, il vous l'ôte ; il retranche de vos jours en y ajoutant, etc. ( Voy. premier dimanche de Carême C"), Carmélites.) Ne (^) regardez pas toujours le temps à venir,considérez votre état présent. Cette fuite et cette course insensible du temps n'est qu'une subtile imposture pour vous mener insensiblement au dernier jour. La jeunesse y arrive précipitamment, et nous le voyons

a. Matlh.^ ni, 2, — Ms. Appropinquat enim.

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