Var. ralentir sa fureur aveugle
qu'il n'en soit pénétré d'une vive douleur : « Que faitesvous de pleurer ainsi, et de me briser le cœur? » Quid facitis Jientes, et affligentes (') cor metan? C'est en vain que vous me fendez le cœur par vos larmes; car pour moi je suis tout prêt de souffrir non seulement les chaînes, mais la mort même pour le nom du Seigneur Jésus : Egoenim non solum alligari, sed et 7nori.., paratus sum (^), Ce cœur de diamant, qui semble défier le ciel, et la terre, et l'enfer de l'émouvoir, peut souffrir la mort et les plus dures extrémités : il ne peut souffrir les larmes de ses frères. Combien a dû être touché saint Thomas, de voir les siens affligés et persécutés à son occasion! Il se souvient de Jésus qui n'est pas plus tôt né qu'il attire des persécutions à ses parents, qui sont contraints de quitter leur maison pour l'amour de lui. Il a reçu sa loi d'en haut, et ne peut rien faire pour les siens, sinon de leur souhaiter qu'ayant part aux persécutions ils aient part à la grâce.
Le prophète Zacharie semble avoir voulu nous représenter l'immuable et éternelle concorde qui doit être entre l'empire et le sacerdoce. « Celui-là, dit-il parlant du prince, sera revêtu de gloire, il sera assis et dominera sur son trône; et le pontife sera aussi sur son trône, et il y aura un conseil de paix entre ces deux : » Ipse portabit gloriam, et sedebit, et do7ninabitur super solio suo ; et erit sacerdos super solio suo, et consilium pacis erit inter ilLos duos [^), Vous voyez que la gloire, et l'éclat, et l'autorité dominante sont dans le trône royal. Mais quoique le Fils de Dieu ait enseigné à ses ministres (^) qu'ils ne doivent pas dominer à la manière du monde, le sacerdoce néanmoins ne laisse pas d'avoir son trône : car le prophète en établit deux ; il reconnaît deux puissances, qui sont, comme vous voyez, plutôt unies que subordonnées, consilium pacis inter illos; et le genre humain se repose à l'ombre (') de cette concorde.
Saint Thomas a souvent représenté au roi d'Angleterre, par des lettres pleines d'une force, d'une douceur et d'une
a. Act.^ XXI., i^. — b. Zach., VI, 13. — c. Mat/h. ^ XX, 25, 26.
1. Grec : comminuentes, conterentes. (Note marginale ou interlinéaire.)