‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 392 sur 573 · Var. par lequel · texte numérisé non relu

Var. par lequel

3. Correction (Noël 1669) : « * comme le seul par qui {var. celui par qui seul) nous vivons. »

4. Var. et dire avec le prophète Isaïe. (Texte de l'édition Lâchât.)

5. Correctio7i (Noël 1669) : « * pour la faire entrer dans les sentiments de notre éternelle reconnaissance. »

6. Lâchât : du bruit de nos louanges. — Les deux premiers mots sont effacés.

7. Bossuet rectifie lui-même, en marge du manuscrit, quelques inexactitudes qui s'étaient glissées dans sa citation.

nouveau, — n'oubliez jamais mes bontés : vous êtes mon serviteur, et c'est moi qui vous ai formé de mes mains. » Mais j'ai fait beaucoup davantage. « C'est moi, dit ce grand Sauveur, qui ai effacé vos iniquités comme un nuage qui s'évanouit, et qui les ai dissipées comme une vapeur qui ne laisse plus dans l'air aucun vestige : retournez donc à moi, parce que je vous ai racheté, dit le Sauveur ('). »

Mais surtout quelle serait votre ingratitude, si vous retombiez dans les mêmes crimes ! Je laisse les raisonnements recherchés ; je veux vous représenter les obligations de cette amitié si saintement réconciliée. Souvenez-vous dans quels sentiments vous avez demandé pardon à votre Sauveur. Un pécheur pressé en sa conscience, qui voit ('') qu'il n'y a plus rien entre lui et la damnation éternelle qu'une vie qui est emportée par le premier souffle, dans la crainte qui le saisit, s'approche {') de ce trône de miséricorde, qui jamais n'est fermé à la pénitence. Ah ! il n'attend pas qu'on l'accuse, il se rend le dénonciateur de ses propres crimes, et il sait bien qu'il faut avouer le crime quand on demande sa grâce : il est prêt à passer condamnation pour prévenir l'arrêt de son juge : la justice divine se lève, il prend son parti contre lui-même ; il confesse qu'il mérite d'être sa victime, et toutefois il demande grâce au nom du Sauveur. A ce nom qui calme les flots et les tempêtes, qui fait cesser les vents

1. Le latin en marge : Memetito hortwi^ Jacob et Israël^ qnoîiiain servus meus es tu j forviavi ie ; servus meus es iu^ Israël^ ne obliviscaris met. Delevi ut nubem iniquitates tuas., et quasi nebîdam peccata tua : revertere ad ?//<?, quoniam redetni te (Is., XLiv, 21, 22).

Passage retra7iché : « Que si vous voulez savoir quelle doit être la mesure de l'amour qu'il attend de vous, connaissez-la par vos crimes. « Un homme avait deux [débiteurs] {ins. deux créanciers,- distraction)., dont [l'un] lui devait cinq cents deniers, et l'autre en devait cinquante. Comme ils étaient tous deux insolvables, il leur quitta la dette {yar. somme) entière. Lequel est-ce des deux qui l'aime le plus ? Sans doute que c'est celui auquel il a remis davantage {Lîic.yu^ 41-43). » « Allez, et faites de même {Ibid.., X, 37). > Oii trouverez-vous assez d'amour pour le reconnaître 1 »

2. Var. (texte de Lâchât) : Un pécheur pressé en sa conscience voit la main de Dieu armée contre lui, il voit l'enfer ouvert sous ses pieds pour l'engloutir dans ses abîmes : quel effroyable spectacle ! dans la crainte qui le saisit, il s'approche...

3. Lâchât: pressé de ce glaive vengeur tout prêt à frapper le dernier coup il s'approche... — Cette apposition est effacée au manuscrit.

les plus orageux, qui apaise le ciel et la terre, on commence à l'écouter. On lui propose la condition de corriger sa vie déréglée, de renoncer à ses amours criminelles, à cet aveugle désir de plaire, à toutes ses intelligences avec l'ennemi. Il promet, il accorde tout: Faites la loi, j'obéis. Vous l'avez fait, mes frères, souvenez-vous-en ; ou jamais vous n'avez fait pénitence, ou votre confession a été un sacrilège. Vous avez fait quelque chose de plus : vous avez donné Jésus- Christ pour caution de votre parole ; car étant le médiateur de la paix, il est aussi le dépositaire des paroles des deux parties : il est caution de celle de Dieu par laquelle il promet de vous pardonner, il est caution de la vôtre par laquelle vous promettez de corriger votre vie ('). V^oilà le traité qui a été fait ; et pour plus authentique confirmation, vous avez pris à témoin son corps et son sang qui a scellé la réconc[iliation] (^) à la sainte table. Et après la grâce obtenue, vous cassez un acte si solennel! \ ous vous êtes repenti[s] de vos péchés, vous vous repentez de votre pénitence. Vous aviez donné à Dieu des larmes et des regrets, gages précieux de votre foi : vous les retirez de ses mains ; vous désavouez vos promesses, et Jésus-Christ qui en est garant, et son corps et son sang, mystère sacré et inviolable, lequel certes ne devait pas être employé en vain ! Qu'y aurait-il de plus outrageux et de plus indigne ? — Après la grâce qui remet les crimes, [il faut être] fidèle[s] à user de celle qui nous aide à n'en plus commettre. C'est [la] seconde partie.

SECOND POINT (fRAGMENt).

Ce que {^) vous ne craignez pas de votre malice, craignezle de votre faiblesse ; ou plutôt craignez tout de votre faiblesse et de votre malice tout ensemble, parce que votre malice laissée à elle-même vous porte à tout, et que votre faiblesse ne résiste à rien. Parmi tant d'écueils et tant de

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