‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 391 sur 573 · Var. à peine se fie à soi-même · texte numérisé non relu

Var. à peine se fie à soi-même

qu'il (') ne sait où se retirer parce qu'il enveloppe tous ceux qui le servent dans sa honte et dans ses malheurs, quand on lui apporte son abolition, il croit sortir du tombeau et recevoir une nouvelle naissance ; il considère le prince comme un second père, qui lui rend la vie, la lumière, la société des hommes, en effaçant de dessus son front la tache honteuse qui le condamnait à une éternelle infamie; il entre pour ainsi dire dans une nouvelle sujétion, il n'a plus rien à lui-même, tout est au prince qui le sauve et qui le délivre.

Tels, mes frères, devons-nous être en sortant du tribunal de la Pénitence, après que les clefs de l'Église nous ont ouvert les prisons. Nous devons regarder le divin Jésus, au nom duquel ('') nous sommes absous, comme celui seul par qui nous vivons (^). C'est là qu'il faut éclater en actions de grâces, et animer (•*) avec le prophète toute la nature pour prendre part à notre joie et à notre reconnaissance (^) : « O cieux, louez Dieu avec nous ; que les extrémités de la terre retentissent de nos louanges (^) ; que les montagnes tressaillent de joie ; que les déserts, les bois, les rivages et enfin toute la nature se réjouisse, parce que le Seigneur nous a fait miséricorde : » Laudate, cœli, quontam misericordiavi fecit Domimis (^) \jubilate, extrema terfœ; resoiiate^ montes, lattdationem, salttis et omne ligmcrn ejus : qitoniam redernit Dominus Jacob, et Israël gloriabittcr ["').

Là nous devons commencer une vie nouvelle, qui soit toute pour Jésus-Christ ; et lui-même nous y excite par ces paroles touchantes du même prophète : « O Jacob, souvenez-vous de ces choses ; ô Israël, — ô chrétien, ô homme

a. Is.j XLIV, 23.

1. Correction plus récente (Noël 1669) : i. "^ (pendant qu'il) fuit tout le monde et que tout le monde le fuit. »

Page 1