Edit. à Jérusalem
3. Théodose (L. Digna, Cod. Justin.^ lib. I, titul. xiv, leg. iv). — Ce que Bossuet indique ainsi en abrégé dans une note autographe : L, Digna. Cod. de Legibus.
révère si fort le nom et l'autorité de la Loi, qu'il l'observe ponctuellement, et la fait observer à sa sainte Mère. Combien plus devons-nous garder les sacrés préceptes de l'Evangile éternel qu'il est venu établir plus encore par son sang que par sa doctrine !
Je ne pense pas, chrétiens, pouvoir rien faire de plus convenable à la fête que nous célébrons, que de vous montrer aujourd'hui combien nous devons dépendre de Dieu et de ses ordres suprêmes ; et je croirai pouvoir vous persuader une obéissance si nécessaire, pourvu que la sainte Vierge, qui nous en donne l'exemple, nous accorde aussi son secours, que nous lui allons demander par les paroles de l'Ange : [Ave, gratia plena\.
Parmi tant de lois différentes auxquelles notre nature est assujettie, si nous voulons établir une conduite réglée, nous devons reconnaître, avant toutes choses, qu'il y a une loi qui nous dirige, une loi qui nous entraîne, et une loi qui nous tente et qui nous séduit. Nous voyons dans les Ecritures et dans les commandements divins, la loi de justice qui nous dirige : nous éprouvons tous les jours dans le cours de nos affaires, dans leurs conjonctures inévitables, dans toutes les suites malheureuses de notre mortalité, une loi comme fatale de la nécessité qui nous entraîne : enfin nous ressentons en nous-mêmes et dans nos membres mortels un attrait puissant et impérieux qui séduit nos sens et notre raison ; et cet attrait, qui nous pousse au mal avec tant de force, est appelé par l'Apôtre {^) « la loi de péché, » qui est une continuelle tentation à la fragilité humaine.
Ces trois différentes lois nous obligent aussi, chrétiens, à trois pratiques différentes : car, pour nous rendre fidèles à notre vocation et à la grâce du christianisme, il faut nous laisser conduire au commandement qui nous dirige, nous élever par courage au-dessus des nécessités qui nous accablent ; résister (') avec vigueur aux attraits des sens qui nous trompent. C'est ce qui nous est montré clairement dans
a. Rom., VII, 23.