‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 415 sur 573 · Var. principale et dominante · texte numérisé non relu

Var. principale et dominante

2. Var. et s'en met en possession. — Deforis ': l'assujettit à son domaine et s'en met en possession. — Corrigé dans l'édition Lâchât.

divin Esprit devient un même esprit avec Dieu:» Qui adJiœret Domino, unies spiribts est (f). Et comme on voit, dit Tertullien, dans les mariages, que la femme rend son époux maître de ses biens, et lui en cède l'usage ; ainsi Tâme en s'unissant à l'Esprit de Dieu, et se soumettant à lui comme à son époux, lui transporte aussi tout son bien comme étant le chef et le maître de cette communauté bienheureuse. « La chair la suit, dit Tertullien, comme une partie de sa dot ; et au lieu qu'elle était seulement servante de l'âme, elle devient servante de l'Esprit de Dieu. » Sequitu7' animam nubentem Spiritui caro, ut dotale mancipium ; et jam non animœ famzcla, sed Spiritus {'^). Ne voyez-vous pas (') que le corps du chrétien change de nature, et qu'au lieu d'être simplement l'organe de l'âme, il devient l'instrument fidèle de toutes les saintes volontés que Dieu nous inspire. En effet (^), qu'est-ce qui donne l'aumône, si ce n'est la main .-^ Qu'est-ce qui confesse les (3) péchés, si ce n'est la bouche ? Qu'est-ce qui les pleure, si ce n'est les yeux .^ Qu'est-ce qui brûle du zèle de Dieu, si ce n'est le cœur ? En un mot, dit le saint Apôtre, « tous nos membres sont consacrés à Dieu, et doivent être ses hosties vivantes (^). » Qui ne voit donc que le Saint-Esprit se met en possession de nos corps, puisqu'ils sont les instruments de sa grâce, les temples où il se repose en sa majesté, et enfin les hosties vivantes de sa souveraine grandeur ?

Mais poussons encore plus loin ce raisonnement, et tirons la conséquence de ces beaux principes. Si Dieu remplissant nos âmes s'est mis en possession de nos corps, donc la mort, ni aucune violence, ni [aucun] effort (^) de la corruption ne peut plus les lui enlever. Tôt ou tard Dieu rentrera dans son bien, et retirera son domaine. Le Fils de Dieu a prononcé que « nul ne peut rien ravir des mains de son

a. I Cor.^ VI, 17. — b, Tertull., De Anima, n. 41. — c. Rom., xn, i.

1. Édit. En effet, ne voyez-vous pas..? — Les deux premiers mots sont effacés au crayon.

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