C est- à-dire^ de l'esprit de JÉSUS
3. Bossuet écrit encore ici donter : preuve qu'il ne connaissait pas la prononciation pédantesque qu'on a tenté d'introduire : domp — ter.
Pourquoi m'es-tu donné ('), ô corps mortel ? et quel traitement te ferai-je ? Si je t'affaiblis, je m'épuise (^) ; si je te traite doucement, je ne puis éviter ta force {^) qui me porte à terre, ou qui m'y retient. Que ferai-je donc avec toi. et de quel nom t'appellerai-je : fardeau accablant, soutien nécessaire ? ennemi flatteur, ami dangereux, avec lequel je ne puis avoir ni guerre, ni paix, parce qu^à chaque moment il faut s'accorder, et à chaque moment il faut rompre ? O inconcevable union, et aliénation non moins étonnante ! Puis-je me détacher de ce corps ? Puis-je aussi m'y attacher avec tant de force, et contracter avec ce mortel une amitié immortelle? « Malheureux (^) homme que je suis ! Hélas! qui me délivrera de ce corps de mort {'') ? »
C'est le commun sujet du gémissement de tous les véritables enfants de Dieu. Tous déplorent leur servitude, tous ressentent avec douleur que « ce fardeau du corps opprime l'esprit, » corpus quod corrumpittcr aggravât animam (^), et (f) lui ôte sa liberté véritable. C'est pourquoi le grand saint Ambroise nous enseigne (^) que notre esprit n'étant dans le corps qu'en passant, nous ne devons pas lui permettre de s'attacher à cette nature dissemblable, mais que nous devons tous les jours rompre nos liens, afin que l'esprit se renfermant en lui-même conserve sa noblesse et sa pureté (^): Sit quotidianus usus in nobis affectusque inoriendi, ut per illain, quam diximus, segregationem a corporels cupiditatibus , anima nostra se discat extrahere, et quasi in sublimi locata, quo terrenœ adiré libidines et eam sibi glutinare nonpossint,
a. Rpm.^ VII, 24. — b. Sap., IX, 15.
1. Var. Pourquoi te suis-je uni, ô corps mortel, fardeau... ?