Les éditeurs omettent la conjonction
6. Var. nous avertit gravement. — Édit. nous enseigne gravement.
7. Notes marginales (la première à la plume, la seconde au crayon) : < Deux liens, ceux de la nature, et ceux de l'affection. Pour le premier, c'est à Dieu à rompre ; pour l'autre, c'est à nous à prévenir : Quotidie morior (I Cor.^ XV, 31). — Par la première union l'âme est en prison et en servitude; le corps la domine, et s'en rend le maître. Secouons ce joug, tirons-nous de cette indigne dépendance : il se fera une autre union par laquelle l'âme dominera. »
suscipiat mortis imaginem, ne pœnam ?nortis incurvât (''). C'est pourquoi dans la fonction qui est donnée à notre âme d'animer et de mouvoir les organes corporels, le même saint Ambroise [avertit] de ne se plonger pas tout à fait dedans et de ne se mêler pas avec eux : Non credamus hitic corporiy nec misceamus cicni illo animant nostra^n i^) ; mais plutôt que nous les touchions d'une main légère comme un instrument de musique : Summis, ut ita dicam, digitis sicut nervortun sonos, ita puisai carnis \istius~\passiones ('").
On se pique de délicatesse, comme on se pique d'esprit ou de grandeur. Une tendre éducation... Une personne si chère... Ce (') soin extrême du corps est indigne du chrétien. Vous voudriez vous rendre immortels : la moindre douleur, la moindre faiblesse vous accable et vous décourage ; vous abandonnez tous les exercices de piété. Vous craignez d'échauffer ce sang, cette tête déjà trop émue, et ce tempérament si faible et si délicat. Que ne vous servezvous plutôt de cette occasion favorable pour rompre ces liens trop doux et trop décevants, pendant que la nature vous aide, qu'elle tire les liens, si elle ne les brise pas tout à fait encore ^ Apprenez à regarder ce corps, dont la faiblesse vous appesantit, non plus comme une demeure agréable, mais comme une prison importune ; non plus comme (^) votre organe, mais comme votre empêchement et votre fardeau : « Je suis captif de ce corps, et captif trop assujetti ; je m'affranchirai en souffrant, afin de ressusciter tout à fait libre ('^).» L'âme (^) démêlée de ce corps de mort, qu'elle laisse audessous d'elle, et retirée dans sa propre enceinte. La faiblesse et la douleur qui agitent tout le corps forcent l'âme à s'en détacher ; et la renfermant dans ses propres biens, lui font corriger une secrète délicatesse et un certain repos
a. De fide Resiirr.^ lib. II, n. 40. — b. De bo7i. Mort., cap. IX, n. 10. — Ms. Non credamus nos... — c. Ibid., cap. vu, n. 27. — d. S. Ignat., Epist. ad Rom., IV.
1. Lâchât supprime ce qui précède. C'est en effet une addition marginale, qui n'est pas rédigée. On peut cependant s'apercevoir que Bossuet en tient compte, puisqu'il change ici : « Le soin du corps » en « Ce soin du corps... »