Var. n'étale
4. Anciennes édit. Depuis notre ancienne désobéissance, Dieu a voulu retirer à soi tout ce qu'il avait répandu de solide contentement sur la terre ; et cette
faut pas croire que ce lieu de confusion, où les bons sont mêlés avec les mauvais, puisse être le séjour des joies véritables. « Autres sont les biens que Dieu abandonne pour la consolation des captifs, autres ceux qu'il a réservés pour faire la félicité de ses enfants (') : » Alùtd solatium captivorwn, almd gaudiîtm liôerortcm ('*).
Mais (') pour vous donner une forte idée de ces plaisirs véritables qui enivrent les bienheureux, philosophons un peu avant toutes choses sur la nature des joies du monde. Car, mes frères, c'est une erreur de croire qu'il faille indifféremment recevoir la joie, quelque main qui nous la présente (^). Que m'importe, dit l'épicurien, de quoi je me réjouisse, pourvu que je sois content ? Soit erreur, soit vérité, c'est toujours être trop chagrin que de refuser la joie, de quelque part qu'elle vienne. Ceux qui le pensent ainsi (^), ennemis du progrès de leur raison, qui leur fait voir tous les jours la vanité de leurs joies, estiment leur âme trop peu de chose, puisqu'ils croient qu'elle peut être heureuse sans posséder aucun bien solide, et qu'ils mettent son bonheur et par conséquent sa perfection dans un songe (^). Mais le Saint- Esprit (") prononce au contraire que celui-là est insensé, qui se réjouit dans les choses vaines ; que celui-là est aban-
a. S. Aug., In Ps. cxxxvi, n. 5.
petite goutte de joie qui nous est restée pour rendre la vie supportable et tempérer par quelque douceur {vqr. corriger tant soit peu) ses amertumes infinies, n'est pas capable de satisfaire un esprit solide. — Cette phrase est retranchée au manuscrit.