Var. de vos pensées
5. Addition avec renvoi, renvoyée en note dans l'édition Gazier.
sagesse, que vous ne cherchez pas, descendra-t-elle de son trône pour vous enseigner (') ?
Vivons donc chrétiennement, et la vérité nous sera un jour découverte. Jamais vous n'aurez respiré un air plus doux : jamais votre faim n'aura été rassasiée par une manne plus délicieuse, ni votre soif étanchée par un plus salutaire rafraîchissement. Rien de plus harmonieux que la vérité ; nulle mélodie plus douce, nul concert mieux entendu : nulle beauté plus parfaite et plus ravissante (^). Jetez, jetez un peu les yeux, chrétiens, sur cette immortelle beauté que le chrétien doit servir. Cette beauté divine ne montre {^) à vos yeux ni une grâce artificielle, ni des ornements empruntés, ni une jeunesse fugitive, ni un éclat toujours défaillant. Là se trouve la grâce avec la durée : là se trouve la majesté avec la douceur : là se trouve le sérieux avec l'agréable : là se trouve l'honnêteté avec le plaisir et avec la joie. C'est ce que nous avons à considérer dans la seconde partie.
DEUXIÈME POINT
De toutes les passions, la plus pleine d'illusion c'est la joie ; et le Sage n'a jamais parlé avec plus de sens que quand il a dit, dans l'Ecclésiaste, qu'il « estimait le ris une erreur, et la joie une tromperie : » Ristim repiitavi errorem, et gaudio dixi : Quid frustra deciperis ("") ? Et (^) certes il ne
a. Eccl.^ II, 2. — (Latin en marge.)
1. Frtr. pour vous embrasser? — Bossuet retranche encore ici cette belle phrase, que Deforis n'a eu garde de supprimer : « Allez, hommes corrompus et corrupteurs, purifiez vos yeux et vos cœurs, et peu à peu vos esprits s'accoutumeront aux lumières de l'Évangile. »
2. Pressé de gagner la fin de ce premier point, l'orateur abrège encore sa première rédaction ; « Quoi ! me vanterez-vous toujours l'éclat de ce teint ? Vous vous dites chrétienne, et vous étalez avec pompe cette fragile beauté, piège pour les autres, poison pour vous-même, qui se vante de traîner après soi les âmes captives, et qui vous fait porter à vous-même un joug plus honteux. Chrétiens, d'autres beautés vous sont destinées ; car que vois-je dans ces idoles que vous adorez .^ Une grâce passagère ivar. un agrément passager), une jeunesse fugitive, une vivacité défaillante, un ornement {var. une peinture) artificiel, une vivacité morte à comparaison. Jetez les yeux un moment sur l'immortelle beauté que le chrétien doit servir.» — Plusieurs traits ont été repris dans la rédaction définitive.