Var. de quelque côté qu'elle naisse
4. Cette phrase, si digne de Bossuet, est une addition marginale. Les éditeurs modernes la renvoient dans les notes.
5. Bossuet ajoute la remarque suivante, qui, elle, n'est pas destinée à entrer dans le texte : « N[ot]ez qu'il ne faut pas distinguer le bonheur de l'âme d'avec sa perfection : grand principe.^ — Deforis, da7is une 7iote de quara7ite-cinq lii^7ies /«-4^^, entreprend de « développer le grand principe que M. Bossuet indique en passant. >
6. Souligné ; non remplacé. Est-ce en raison de l'addition qu'on vient délire? ou bien l'orateur se fait-il scrupule d'attribuer au Saint-Esprit ce qui n'est qu'un commentaire de l'Écriture 1
donné (') de Dieu, qui se réjouit dans les mauvaises ; et qu'enfin on est malheureux ('') quand on n'aime que les plaisirs que la raison condamne ou qu'elle méprise.
Il faut donc avant toutes choses considérer d'où nous vient la joie, et quel en est le sujet Et premièrernent, chrétiens, toutes les joies que vous donnent les biens de la terre sont pleines d'illusion et de vanité. C'est pourquoi, dans les affaires du monde, le plus sage est toujours celui que la joie emporce le moins. Écoutez la belle sentence que prononce l'Ecclésiastique: « Le fou inconsidéré fait sans cesse éclater son ris indiscret {^) et le sage à peine rit-il doucement : » Fatuus (^) in risu exaltât vocem suam ; vir autem sapiens vix tacite ridebit {^). En effet, quand on voit un homme emporté, qui, ébloui de sa dignité ou de sa fortune, s'abandonne à la joie sans se retenir, c'est une marque certaine d'une âme qui n'a point de poids, et que sa légèreté rendra le jouet éternel de toutes les illusions du monde. Le sage, au contraire, toujours attentif aux misères et aux vanités de la vie humaine, ne se persuade jamais qu'il puisse avoir sur la terre (5) aucun véritable sujet de se réjouir. C'est pourquoi il rit en tremblant, comme disait l'Ecclésiastique ; c'est-à-dire, qu'il supprime lui-même sa joie indiscrète par une certaine hauteur d'une âme qui désavoue sa faiblesse, et qui, sentant qu'elle est née pour les biens célestes (^), a honte de se voir si fort transportée (^) par des choses si méprisables.
a, Eccli.^ XXI, 23.
1. Var. maudit de Dieu. — Anciennes édit. abandonné, maudit de Dieu.