‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 453 sur 573 · Il s'agit de Childebert II · texte numérisé non relu

Il s'agit de Childebert II

2. « La princesse Marguerite, fille aînée de Henri VII, mariée à Jacques IV, roi d'Ecosse en 1502, aïeule du roi d'Angleterre Jacques I". » (Note de M. Jacquinet.) — Henriette avait épousé le fils et successeur de Jacques I" d'Angleterre (d'abord nommé Jacques VI d'Ecosse ; fils de Marie Stuart).

3. Cette fin de phrase est une des réminiscences, quelquefois involontaires,

de cette princesse. La fortune ne pouvait rien sur elle : ni les maux qu'elle a prévus, ni ceux qui l'ont surprise, n'ont abattu son courage. Que dirai-je de son attachement immuable à la religion de ses ancêtres ? Elle a bien su reconnaître que cet attachement faisait la gloire de sa maison aussi bien que celle de toute la France, seule nation de l'univers qui, depuis douze siècles presque accomplis que ses rois ont embrassé le christianisme, n'a jamais vu sur le trône que des princes enfants de l'Eglise. Aussi a-t-eile toujours déclaré que rien ne serait capable de la détacher de la foi de saint Louis. Le roi son mari lui a donné, jusqu'à la mort, ce bel éloge, qu'il n'y avait que le seul point de la religion où leurs cœurs fussent désunis ; et confirmant par son témoignage la piété de la reine, ce prince très éclairé a fait connaître en même temps à toute la terre la tendresse, l'amour conjugal, la sainte et inviolable fidélité de son épouse incomparable.

Dieu, qui rapporte tous ses conseils à la conservation de sa sainte Eglise, et qui, fécond en moyens, emploie toutes choses à ses fins cachées, s'est servi autrefois des chastes attraits de deux saintes héroïnes pour délivrer ses fidèles des mains de leurs ennemis. Quand il voulut sauver la ville de Béthulie, il tendit dans (') la beauté de Judith un piège imprévu et inévitable à l'aveugle brutalité d'Holopherne. Les grâces pudiques de la reine Esther eurent un eft^et aussi salutaire, mais moins violent. Elle gagna le cœur du roi son mari, et fit d'un prince infidèle un illustre protecteur du peuple de Dieu. Par un conseil à peu près semblable, ce grand Dieu avait préparé un charme innocent au roi d'Angleterre, dans les agréments infinis de la reine son épouse. Comme elle possédait son affection (car les nuages qui avaient paru au commencement (^) furent bientôt dissipés), et que son heureuse fécondité redoublait tous les jours les sacrés liens de leur amour mutuel ; sans commettre l'autorité

d'auteurs profanes, qu'on rencontre dans Bossuet. On se souvient des vers de

Virgile :

Si Pergama dextra

Defendi posscjit^ etiain hac defe7isa fuissent. (yEneid., II, 290.)

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