Edit. ne cesse jamais. — Adverbe effacé
5. Note marginale : Superbia eortiin... ascendit. (Texte du psaume allégué.)
de la royauté. 11 veut des honneurs divins. Mais comme sa personne ne peut soutenir un éclat si haut ('), démenti trop visiblement par notre (^) misérable mortalité, il érige sa magnifique statue, il éblouit les yeux par sa richesse, il étonne l'imagination par sa hauteur, il étourdit tous les sens par le bruit (') qu'on fait autour d'elle ; et ainsi l'idole de ce prince, plus privilégiée que lui-même, reçoit des adorations que sa personne (^) n'ose demander. Homme de vanité et d'ostentation, voilà ta figure : c'est en vain que tu te repais des honneurs qui semblent te suivre ; ce n'est pas toi qu'on admire, ce n'est pas toi qu'on regarde, c'est cet éclat étranger qui fascine les yeux du monde ; et on adore non point ta personne, mais l'idole de ta fortune, qui parait dans ce superbe appareil par lequel tu éblouis le vulgaire.
«Jusques à quand, ô enfants des hommes! jusques à quand aimerez-vous la vanité, et vous plairez-vous dans le mensonge ('') ? ^ « L'homme n'est rien, et il ne poursuit que des riens pompeux : » 7;^ imagine pertransit ho7no, sed et frustra conturbatur {^) : Il passe comme un songe, et il ne court aussi qu'après les fantômes. Que s'il est vrai ce que dit saint Jean Chrysostome (^), que la vanité au dehors est la marque la plus évidente de la pauvreté au dedans, que dirons-nous, chrétiens, et que pensera la postérité du siècle où nous sommes } Car quel siècle a-t-on jamais vu, où la vanité ait été plus désordonnée } Quand est-ce qu'on a étalé plus de titres, plus de couronnes (5), plus de vaines magnificences? Quelle condition n'a pas oublié ses bornes } Qui n'a pu avoir la grandeur, a voulu néanmoins la contrefaire. On ne peut plus faire de discernement; et, par un juste retour, cette fausse image de grandeur s'est tellement étendue, qu'elle s'est enfin ravilie.
a. /-ç., IV, 3. — b. Ibid., XXXVIII, 7. — c. Homil. I m Epist. II ad Thess.