Var. Je dis donc qu'il arrive
Sermons de Bossuct. — V. 36
j'ai déjà tant parlé. C'est, mes frères, le dernier fléau que Dieu envoie à ses ennemis, c'est le comble de tous les malheurs, c'est la plus prochaine disposition à l'impénitence fmale et à la ruine dernière et irrémédiable ('). Pour l'entendre, il faut remarquer que c'est une excellente maxime des saints docteurs, « qu'autant que les pécheurs sont rigoureux censeurs de leurs vices, autant Dieu se relâche en leur faveur delà sévérité de ses jugements :» In quantum non pepercei^is tibi, in tantiwi tibi Deus, crede,parcet(f). En effet, comme il est écrit que Dieu aime la justice et déteste l'iniquité, tant qu'il y a quelque chose en nous qui crie contre les péchés et qui s'élève (^) contre les vices, il y a aussi quelque chose qui prend le parti de Dieu ; et c'est une disposition favorable pour (3) le réconcilier avec nous. Mais dès que (f) nous sommes si malheureux que d'être tout à fait d'accord avec nos péchés, dès que, par le plus indigne des attentats, nous en sommes venus à ce point que d'abolir en nous-mêmes la sainte vérité de Dieu, l'impression de son doigt et de ses lumières, la marque de sa justice souveraine, en renversant cet auguste tribunal de la conscience qui condamnait tous les crimes, c'est alors que l'empire de Dieu est détruit, que l'audace de la rébellion est consommée, et que nos maux n'ont presque plus de remède (^). C'est pourquoi ce grand Dieu vivant, qui sait que le souverain bonheur c'est (^) de le servir et de lui plaire, et que ce qui reste de meilleur à ceux qui se sont éloignés de lui par leurs crimes, c'est d'être troublés et inquiétés du malheur de lui avoir déplu ; après qu'on a méprisé longtemps ses grâces, ses inspirations, -ses miséricordieux (7) .avertissements, et les coups par lesquels il nous a frappés de temps en temps, non encore pour nous punir à toute rigueur, mais seulement pour nous réveiller, prend enfin cette dernière résolution pour se venger des hommes
a. TertulL, de Pœnit.^ n. 10.