Mss.^ 12821, f. 163-184.— Édit. Divinité DE la religion
2. La fête de la Conception de la sainte \ ierge était renvoyée au lendemain, conformément à l'ancienne rubrique.
« Ktes-voLis celui qui devez venir ? » leur dit pour toute réponse qu'il fait des biens infinis au monde, et que le monde cependant se soulève unanimement contre lui. Il leur raconte d'une même suite les bienfaits qu'il répand et les contradictions qu'il endure ; et tous (') les miracles qu'il fait, et les scandales qu'il cause à un peuple ingrat : c'est-à-dire qu'il donne aux hommes, pour marque de divinité en sa personne sacrée, premièrement ses bontés, et secondement leur ingratitude.
En effet, il est véritable que Dieu n'a jamais cessé d'être bienfaisant, et que les hommes de leur côté (-) n'ont jamais cessé d'être ingrats : tellement qu'il pourrait sembler, tant notre méconnaissance est extrême, que c'est comme un apanage de la nature divine d'être infiniment libérale aux hommes, et de ne trouver toutefois dans le genre humain qu'une perpétuelle opposition à ses volontés, et un mépris injurieux de toutes ses grâces.
Saint Pierre a égalé {^) en deux mots les éloges des plus fameux (^) panégyriques, lorsqu'il a dit du Sauveur « qu'il passait en bienfaisant et guérissant tous les oppressés : » Pertransiit benefaciendo et sanando omnes oppressos ("). Et certes il n'y a rien de plus magnifique et de plus digne d'un Dieu (5) que de laisser partout où il passe des effets de sa bonté, que de marquer tous ses pas (^) par ses bienfaits, que de parcourir les provinces, non. par ses victoires, comme on a dit de ces conquérants (^), car c'est tout ravager et tout détruire {^), mais par ses libéralités.
Ainsi Jésus-Christ a montré aux hommes sa divinité comme elle a accoutumé de se déclarer, à savoir par ses grâces et par ses soins paternels ; et les hommes l'ont traité aussi comme ils traitent la Divinité, quand ils l'ont payé,
a. Act.^ X, 38. — b. Plin. Secund., Panegyr.^ xiv.
1. Édit. Gazier : puis les miracles. — La surcharge est confuse.