Var. nous sont
Toutefois, pour le bien des hommes, elle a voulu régner ('), et Jésus-Christ est venu au monde pour établir cet empire par la foi qu'il nous a prêchée. J'ai promis, messieurs, de vous faire voir que la vérité de cette foi s'est établie en souveraine, et en souveraine toute-puissante ; et la marque assurée que je vous en donne, c'est que, sans se croire obligée d'alléguer aucune raison, et sans être jamais réduite à emprunter aucun secours, par sa propre autorité, par sa propre force elle a fait ce qu'elle a voulu et a régné dans le monde. C'est agir, si je ne me trompe, assez souverainement : mais il faut appuyer ce que j'avance.
J'ai dit que la vérité chrétienne n'a point cherché son appui dans les raisonnements humains ; mais qu'assurée d'elle-même, de son autorité suprême et de son origine céleste (''), elle a dit, et a voulu être crue; elle a prononcé ses oracles, et a exigé la sujétion.
Elle a prêché une Trinité, mystère inaccessible par sa hauteur ; elle a annoncé un Dieu- Homme, un Dieu anéanti jusques à la croix, abîme impénétrable par sa bassesse. Comment a-t-elle prouvé ? Elle a dit pour toute raison qu'il faut que la raison lui cède, et (^) qu'elle est née sa sujette. Voici quel est son langage : Hœc dicit Dommus : « Le Seigneur a dit. » Et en un autre endroit : Il est ainsi, « parce que j'en ai dit la parole:» Quia verbum ego loctittts siwt, dicit Dojïiinus if). Et en effet, chrétiens, que peut ici opposer la raison humaine ? Dieu a le moyen de se faire entendre ; il a aussi le droit de se faire croire. Il peut par sa- lumière infinie nous montrer,quand il lui plaira,la vérité à découvert ; il peut par son autorité souveraine nous obliger à nous y soumettre, sans nous en donner l'intelligence. Et il est digne de la grandeur, de la dignité ('^), de la majesté de ce premier Etre, de régner sur tous les esprits, soit en les captivant par la foi, soit en les contentant par la claire vue.
a. Jerem.^ XXXI V, 5.